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David Lionel Salomons

Sir David Lionel Salomons (1851-1925) Sir David Lionel Salomons fut le plus grand collectionneur de montres Breguet connu à ce jour. La "Marie-Antoinette", par Breguet, était le fleuron de sa collection. Né en 1851 à Nove, en Angleterre dans une riche famille d'origine juive, il manifesta, dès son plus jeune âge, un vif intérêt pour la mécanique et les sciences appliquées. Cet intérêt devint par la suite une véritable passion au point qu'au cours de sa vie, il transforma son domaine de Broomhill en un vaste laboratoire avec de nombreux ateliers, un studio de photographie, un générateur d'énergie électrique et des appareils pour mesurer la vitesse de la lumière.
C'est à Broomhill qu'on utilisa pour la première fois des appareils électroménagers. Passionné par les progrès de la mécanique et de l'électricité, il fut le premier directeur de la "City of London Electric Lighting Company"; ami d'éminents savants, inventeur lui-même, il détenait les droits de nombreux brevets.
Pionnier des transports à moteur, il construisit en 1874 le premier tricycle à propulsion électrique et collectionna soixante-deux voitures de dix-neuf marques différentes. En 1895, il organisa la première exposition de "voitures à moteur" du Royaume-Uni et il s'engagea activement dans une campagne visant l'abolition d'une loi obligeant tout véhicule "automoteur" à rouler à la vitesse maximum de quatre miles à l'heure et à être précédé d'un homme à pied portant un drapeau rouge.
Lorsque Sir David Lionel Salomons mourut, son extraordinaire collection de montres Breguet, à laquelle il avait consacré plusieurs livres, passa à sa veuve.

Le destin curieux d'une collection prestigieuse

La célèbre collection de montres Breguet, constituée au début du siècle par Sir David Lionel Salomons, a connu après sa mort un bien curieux destin. Par la volonté de son propriétaire, la majeure partie de la collection, dont la célèbre "Marie-Antoinette", le chef-d'oeuvre de Breguet, devait être conservée à Jérusalem au Musée d'Art Islamique de la Fondation Mayer. Peu après la parution d'un superbe catalogue - oeuvre de George Daniels et d'Omar Markharian, conservateur du musée – la « Marie-Antoinette » ainsi que d'autres garde-temps du Maître ont été dérobés.
L'opération a été menée de main de maître par une équipe de professionnels. Ce vol hors du commun, perpétré un samedi, jour du Sabbat. a certainement été commandité par un collectionneur fou qui n'a pu résister a l'attrait de compléter ainsi sa collection. Les montres volées sont en effet invendables, car elles sont connues clans le monde entier et figurent dans la plupart des publications consacrées au célèbre Horloger.
Leur nouveau propriétaire est donc condamné à les conserver dans le plus grand secret, sans jamais pouvoir les exposer.
La montre double face, réalisée par Breguet pour le duc de Praslin, considérée comme le deuxième chef-d'oeuvre de Breguet après la « Marie Antoinette », et donnée en 1924 par Sir David au Musée des Techniques du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris, a été dérobée par un voleur inexpérimenté qui, après l'avoir dissimulée pendant plus de trois mois, a commis l'insigne maladresse de la proposer à un éminent spécialiste de Paris. Ce dernier reconnaissant l'objet, a immédiatement prévenu la police qui a pu interpeller le malfrat et restituer- la précieuse montre au musée.
L'autre partie de la collection était restée la propriété de Madame Salomons. La veuve de Sir David, souhaitant la mettre en vente, s'était initialement adressée à une célèbre maison de ventes aux enchères de Londres. Cependant, en l'absence du responsable du département, elle fut accueillie par un des assistants qui, ne l'ayant pas reconnue, n'a pas pris au sérieux cette vieille dame qui prétendait posséder une collection de plus de 60 montres de Breguet!
Vexée, Madame Salomons avait alors offert sa collection à la maison concurrente.
La collection a donc été dispersée par Christie's au cours de trois vacations mémorables: le 1er décembre 1964, les lots 1 à 20; le 1er juin 1965, les lots 21 à 41; enfin, le 2 novembre 1965, les lots 42 à 67 qui, fait rare, furent adjugés à un seul et même enchérisseur, un célèbre marchand de Zurich. Ces trois ventes ont constitué un tournant dans l'histoire des ventes d'horlogerie: jamais en effet, des montres n'avaient atteint de tels prix.
Jean-Claude Sabrier