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Richard Mille Mécanique et associés

Certains créateurs sont parvenus à ressourcer une technologie pluri-centenaire sans la remettre en cause. Dans cet esprit, Richard Mille a su, avec des moyens finalement simples, révéler par un concept innovant toute la puissance d'un principe considéré par beaucoup comme dépassé. Au-delà de la légende, une réalité en mouvement...

Par Vincent Daveau

Sourire enjôleur, un air bon enfant, Richard Mille est un inventeur qui cache bien son jeu.

 

"Amateur de F1, Richard Mille a fondé son analyse sur un rapport
d'évolution de technologie dans des univers parallèles."

On le sait, tous les amateurs d'horlogerie l'ont vécu dans leur chair. Il est possible qu'un jour, une technologie horlogère inattendue vienne bouleverser les idées reçues, comme ce fut le cas avec le quartz, et qu'elle remette en cause tout un système de valeur. Cela se produisit à partir de 1974 pour s'accentuer avec une vitesse prodigieuse dans les années suivantes. Richard Mille l'a vécu, lui aussi personnellement puisqu'il travaillait pour Yema à la nellement grande période de transition, puis au début du redressement de situation, comme directeur général de Mauboussin Horlogerie.
Sa carrière, au sein des ces grandes entités, alors à la recherche de leurs bases comme de leur avenir, devait l'amener à réfléchir sur l'avenir des montres en général et plus particulièrement sur celui des montres haut de gamme.
Connaissant bien les milieux du luxe, ayant d'excellents contacts avec les fabricants et manufacturiers suisses, ce dirigeant affable au carnet d'adresses fait d'amis rencontrés au gré d'un parcours professionnel sans faute, allait choisir la voie la plus ardue et l'exil du grand air pour se ressourcer. Il allait prendre la décision, avant que ne finisse le XX' siècle, de se lancer dans la production de ses propres garde-temps. Très apprécié des entités pour lesquelles il avait travaillé et dont il restait consultant honoraire, il prenait le chemin de son rêve.
Après cinq ans d'une progression fulgurante, après une décision d'exil voici deux ans et demi vers les douces terres de Bretagne baignées par l'influence positive du Golf Stream, l'homme est aujourd'hui le propriétaire d'une marque horlogère qui associe une somme d'idées neuves, d'expérience acquise, de développements mécaniques et de stratagèmes de communication profitant à fond des phantasmes masculins. En somme, Richard Mille s'est offert le luxe de faire ses montres comme il en avait envie.

Parcours d'un concepteur de talent

II est évident qu'on ne travaille pas pour soi comme on travaille pour les autres. Pour Richard Mille, atteindre un but qui relève de la quête personnelle se conçoit sans entraves et sans hiérarchies. Dans son cas, pas de concessions. De cette façon, il prouve au monde combien des idées folles et inatten- inattendues peuvent s'avérer les meilleures qui soient dues II ne pouvait donc être entendu et compris qu'avec le temps, et soutenu que par les indépendants ; des passionnés, forcément Comment faire des montres quand on se lance? Il faut juste avoir le courage de se dire que le mieux est de créer ce dont on a envie sans céder à la tentation de composer avec les désirs d'autrui. La montre, la première tou- toujours, est celle dont on rêve en espérant avec jours, force que ce phantasme, en passe de devenir réalité à grand renfort d'argent, va être partagé par des amateurs qui peuvent se permettre de se les offrir.
Bref, fabriquer une montre puis une deuxième, enfin une petite série, puis ouvrir sur une col- collection débouchant sur une marque est un pari lection que beaucoup aimeraient prendre. Pour l'oser vraiment il faut toutefois du cran, ne pas avoir peur de passer des nuits blanches, posséder une parcelle de génie ou quelque chose comme le feu sacré et se dire qu'une fois les montres conçues, présentées et commandées, il faut pouvoir les livrer. Richard Mille l'avouait en riant", "tout va parfaitement bien car, avec toutes les montres commandées qu'il me faut faire, je suis potentiellement riche..." Tout est dit

"Les boîtiers des montres "RM", conçus en trois parties distinctes,
sont disponibles en titane, or, platine etAlusicpour la RM 009-1."

Le boîtier est la première image d'une création

Richard Mille est donc riche de fabriquer, avec des artisans renommés, des montres exactement développées selon ses souhaits. Le des- ment dessin original du boîtier, pour révolutionnaire qu'il sin était à sa première présentation, le reste en- encore aujourd'hui, près de 5 ans après. Très core innovant en 2001, il a été développé en parte- partenariat avec un designer spécialisé dans les arts nariat du métal, lui aussi impliqué dans une marque horlogère. La passion est contagieuse... L'ancien Directeur Général Horlogerie de Mauboussin a du ressort Sous ses dehors très éloignés du monde, il a su capter, dans le des- dessin réfléchi de longue date, toutes les énergies sin essentielles. Le boîtier de la collection est à la fois une armure, une seconde peau et une sorte d'exosquelette éternel appelé à évoluer et destiné à recevoir des cœurs mécaniques toujours plus élaborés.
Artiste mais aussi businessman, il a analysé les réussites des grandes marques, leurs produits emblématiques, puis a plongé au cœur des sentiments masculins pour faire jaillir, dans les détails de ses créations, ce que personne ne découvre habituellement en observant un boîtier de montre. Parler au cerveau reptilien était le but à atteindre. Richard Mille y est parfaitement parvenu.

Analyse d'un dessin en détail

Croquis en coupe du positionnement des plots de maintien. et du filet de vis permettant If bon placement d'un ressort à talon.

 

Richard le créateur est un passionné de la vie. Il succombe aisément au plaisir de piloter des voitures de collection et se montre un grand amateur et connaisseur de la Formule 1. Tout va évidemment de pair et cela explique sans doute le nombre de détails de fabrication de ses créations qui font référence au monde de l'automobile.
Il est le premier à l'avouer, toute son analyse horlogère se base sur un rapport d'évolution de technologie dans des univers parallèles. Si la voiture, en général, a beaucoup moins progressé que l'avion, l'horlogerie a, quant à elle, gressé fait du sur-place en ce qui concerne la recherche et le développement depuis les années 1970. Pourtant, dans l'infiniment petit, dans des domaines connexes utilisant aussi des engrenages et des petits composants comme l'industrie des satellites (faut-il y voir un hasard ?), de grands progrès ont été accomplis. Il suffit pour s'en convaincre de lire complis. quelques études scientifiques ou plus simple- simplement quelques journaux rendant la science accessible au commun des mortels.
Les boîtiers des montres "RM" conçus en trois parties distinctes et disponibles en titane, or, platine et Alusic pour la version RM 009-1 sont architectures de façon à souligner leur appartenance à un nouvel ordre mécanique.
Le boîtier ne reprend, en cela, aucun code classique. L'absence de cornes permettant de maintenir le bracelet est le premier pas d'une réflexion globale ouvrant sur une élaboration d'un boîtier moderne. L'intégration du bracelet contribue à souligner des lignes puissantes.
La sportivité de l'ensemble est donc suggestive mais parfaitement rendue grâce aux vis tive spécifiques en titane grade 5 taillées à l'unité avec un décolletage spécifique et visibles de part et d'autre du boîtier. Cet assemblage, travaillé avec une "coupelle" de protection pour vaillé éviter de marquer la matière sur laquelle agit la vis (une rondelle en cuivre comme sur les cu- culasses de voitures, mais de toute petite taille lasses pour correspondre à l'échelle des têtes frétées pour un tournevis spécial fourni aux horlogers agréés), permet une parfaite compression des joints d'étanchéité en autorisant un couple de serrage élevé. Alors, ce petit clin d'œil aux constructeurs ne cache pas son inspiration. Il la souligne même en accentuant la présence sur les côtés de la carrure de boîte des "demi- demipilastres" permettant le passage des goujons à pilastres" profil originaux. Bien entendu, chaque galbe est lui aussi réfléchi. Il fait, semble-t-il, référence au dôme des calottes de pistons des rence moteurs d'usine travaillés en aluminium traité et forgé. Dans ce registre des allusions, est-il utile de rappeler à quoi fait penser la couronne de remontoir? Évidemment, non...

"Avec le concours des ingénieurs de Renaud & Papi, le créateur horloger
a opéré une refonte génémie des principes de fabrication."

Des calibres horlogers de haute technologie

Pas question pour Richard Mille, lorsqu'il construisit sa première montre, d'y installer un mouvement mécanique à remontage automatique générique. La question ne se posait même pas puisqu'il décidait de rendre visible les éléments constitutifs des mécanismes grâce à deux verres saphir de forme tonneau et galbés. Pas de faux fuyants, il se refusait même le cadran massif pour permettre de mieux faire découvrir à ceux qui verront de près la montre, le travail des concepteurs et des horlogers spécialisés. Le créateur horloger peut être fier de son travail, comme les ingénieurs qui lui ont permis de réaliser son rêve. La société Renaud & Papi a répondu favorablement au challenge que cet homme visionnaire leur soumettait II fallait, en 2000, du culot et une expérience déjà acquise à force de travailler les grandes complications classiques, pour se lancer dans l'affaire. Dans les ateliers préfabriqués, mais très bien agencés, situés au-dessus de la discothèque de la ville du Locle à deux kilomètres thèque de la frontière française, les ingénieurs purent réviser leurs gammes horlogères. Richard Mille attendait plus qu'un simple développement esthétique d'une construction mécanique déjà existante. Il voulait une approche différente de celle des horlogers enferrés dans leurs habitudes. Il arrivait avec un cahier des charges nouveau où les composants innovants, les matières inusités en horlogerie, l'usinage des métaux et des alliages ressemblait plus au monde de la Formule 1 qu'à celui des manufactures horlogères helvétiques. Le challenge que relevaient les hommes de la petite structure de création en mécanique horlogère devait servir la cause d'un art ancien en pleine recherche d'un ressourcement

Repenser une fabrication vieille de 400 ans

Fini les vis bleuies au feu, disparu le laiton battu, terminé les roues travaillées avec des dents taillées selon un profil archaïque. Pour Richard Mille, il fallait rompre avec les vieilles habitudes et repenser le mouvement mécanique sans pour autant renoncer à son mode de fabrication classique. Les machines ultramodernes, de la conception informatique aux modernes, tours multi-axes pilotés par des blocs informatiques dotés des meilleurs processeurs de commandes numériques le permettent, alors pourquoi s'en priver ? Pour la première génération de mouvements, soit les RM 002, RM 003, RM 006, le travail mandé engendra de sévères remises en cause des pratiques horlogères. Il n'était plus ques- question d'usiner les ailes de pignons selon un tion tracé épicycloïdal. Le profil de denture employé pour les mouvements conçus par Richard Mille avec le concours des ingénieurs de Renaud & Papi devait être très exactement celui des pignons de boîtes de vitesse de voiture, mais en taille très réduite. Ils devaient, pour la première fois, emprunter un dessin dit en développante de cercle (aile à la pointe tronquée supportant plus de pressions en poussée). De même, il n'était plus question de construire un calibre avec des ponts classiques. L'assemblage devait avoir une cohésion interne tout en autorisant un démontage partiel de certains éléments comme le bloc de mise à l'heure comprenant en tout plusieurs pièces. Selon ce principe de refonte générale des principes de fabrication, les calibres manuels étaient privilégiés (analogie libres avec les voitures) et devaient recevoir un barillet à rotation rapide (6 heures par rotation contre 7,5 habituellement). Cette astuce permet de mieux réguler le couple au niveau de la bonde (pièce sur laquelle s'accroche et s'en- roule la lame en acier inoxydable et incassable) et de l'attache placée à l'intérieur de la "ruche" (le boîtier). De cette façon il est possible d'obtenir une détente plus harmonieuse du ressort primaire qui favorise la linéarité dans la sort transmission de la force, du train de rouage au pignon d'entraînement de la cage de tourbillon. Pas de concessions non plus pour les montres RM en ce qui concerne les zones de roulements et de friction. Le rubis, c'est bien, mais classique. Dans l'absolu, les nouvelles technologies permettent d'obtenir des matières strictement aussi dures. Si, dans l'ensemble, le rubis ment fut conservé par tradition, Richard Mille décida d'utiliser de la céramique pour le contre-pivot du pont de tourbillon non équipé d'un amortisseur de choc. Ce souci esthétique permettait aussi de se rapprocher toujours plus de l'esprit avant-gardiste souhaité pour ces garde-temps. Aussi, les séries RM 002 puis RM 003 classiques ainsi que les RM 002 V2 ou Vs et RM 008 chronographe reçoivent-elles des éléments de roulement de cage de tourbillon en ments céramique.
Cette matière spécifique, qui se retrouve également dans les voitures de Grand Prix, n'a pourtant pas été retenue pour la version féminine de la RM 007-1, Les deux pierres du mouvement mécanique à remontage automatique, vement traité en PVD noir et développé en partenariat avec la manufacture Vaucher, sont en corindon avec synthétique rouge, la matière classiquement employée depuis sa possible fabrication selon le procédé Verneuil, au début du XXe siècle.
Rien ici, d'un strict point de vue horloger, ne justifie l'emploi de céramique d'autant que le rappel rouge sur fond noir est plutôt réussi. De plus, les contre-pivots pierres plates sur la face active et légèrement bombées sur l'autre, destinées à limiter l'ébat du balancier sont protégés lors d'impacts par des antichocs sont de la marque "Kif. L'efficacité objective a, dans ce cas, été privilégiée. Et il n'a pas semblé nécessaire de modifier un système efficace, universellement utilisé, pour le seul plaisir de jouer la carte du "high tech".

"Le Brésilien Felipe Massa, pilote de Formule 1,
est aussi concepteur-essayeur pour la Manufacture Richard Mille."

Des matériaux alliés ou composites Richard Mille ne sait pas mentir ; il avoue aisément un faible pour tout ce qui touche à la science. "Aimer les vieilles voitures de course comme la mécanique à l'ancienne, n'est pas incompatible avec le plaisir que l'on peut prendre à suivre les grands prix actuels."
C'est pourquoi, dès qu'il s'agit de dégoter une matière originale, technique et potentiellement utile à l'horlogerie, il faut l'essayer. Ainsi, Richard Mille est le premier concepteur à avoir travaillé des platines de montre en carbone massif. "Ce qui est valable pour la Formule peut logiquement s'appliquer à l'horlogerie", ditil. D'une curiosité intellectuelle illimitée, est il. ouvert à tout ce qui l'entoure, mais fut souvent aux prises avec l'inertie de certains horlogers. Le fameux "Ce n'est pas possible", il le connaît si bien qu'il en rit maintenant. Les horlogers avec lesquels il collabore aujourd'hui ont l'habitude de le voir arriver dans les bureaux avec une foule de nouvelles idées plutôt irréalisables au moment où il les émet. Le fait est qu'ils s'ouvrent au fur et à mesure aux nouvelles technologies et que cela leur sert aussi lors de développements connexes.
Mais Richard Mille a plus d'un tour dans son sac. Ainsi, lorsqu'il est arrivé dans les bureaux d'étude de Renaud & Papi en lançant l'idée de fabriquer la montre la plus légère du marché dans sa catégorie, personne ne se doutait à quel point ce serait difficile. Mais personne ne dit non plus que ce ne serait pas possible, car la question du poids est une donnée que les horlogers ont l'habitude de traiter. Éliminer sur une cage de tourbillon tout poids excédentaire, respecter la répartition des masses et jouer les notions d'équilibre les avaient préparés, croyaient-ils, à résoudre le problème sans difficulté. Grossière erreur... Les mécaniciens et prototypistes avaient déjà souffert lorsqu'il s'était agi de travailler, à des vitesses très élevées, les platines en titane de la première génération des RM 002 et RM 003 (les poussières de titane peuvent s'autoenflammer lors des usinages). Pourtant, ce métal n'était rien en comparaison des nanofibres de carbone moulé à haute pression que fibres Richard Mille décidait d'employer pour la deuxième série. Cette matière noire apparaissant comme pailletée possède des propriétés sant intéressantes pour l'horlogerie de haut niveau. Amorphe et stable à toutes les températures, rigide (la platine est pourtant renforcée sur la périphérie), neutre chimiquement, ce produit employé dans les technologies d'avant-garde ou spatiales nécessitait, pour les finitions, d'avoir recours à des fraises diamantées ou à des mèches spécialement développées en carbure pour tourner à des vitesses très élevées dans des machines à commandes numériques de type UGV (Ultra Grande Vitesse). mériques L'horloger a ses habitudes. Avec Richard, il faut, sans cesse, prendre de nouveaux repères d'autant que les collections évoluent à une vitesse folle. Après 5 ans d'existence à peine, la marque a déjà sorti près de dix modèles ultra compliqués. À raison de deux développements techniques par an et avec toutes les pièces de série à monter, la ligne de production a du mal à suivre. Qu'importé de devoir travailler en flux tendu, de se remettre en cause quotidiennement; la fierté de travailler sur des montres aussi chères, rares vailler appréciées d'un public de connaisseurs, rejaillit naturellement sur l'appréciation que ces arti- artisans portent sur leur ouvrage.
Fiers donc, mais interloqués devant la demande de Richard Mille de mettre au point modèle avec le concours du pilote de Formule 1 Felipe Massa, ces mécaniciens chevronnés eurent deux métaux à assimiler d'un vronnés coup pour réaliser la montre expérimentale RM 009-1, éditée en série limitée à seulement 25 exemplaires. Grâce à la persévérance et la recherche de Richard Mille, des horlogers allaient travailler, pour la première fois dans l'histoire de la montre, une platine de mouvement en Aluminium-Lithium et un boîtier en Alusic (un alliage d'aluminium ASyG, de silicium et de carbone d'une densité de 2,95 destiné à la fabrication de l'ossature des satellites.
Il faut avoir à l'esprit que ces nouveaux matériaux sont d'un prix très élevé et qu'ils demandent d'être testés à de nombreuses reprises pour livrer leurs secrets aux outilleurs et mécaniciens.
Ces derniers connaissent les laitons, les ors, les aciers comme les titanes dans leurs différents grades, mais pas encore ces alliages d'aluminium dont le comportement, sous les outils de coupe, change à chaque modification des proportions de matériaux associés, ou même en fonction de leur spécificité.
L'apprentissage des spécialistes de l'usinage entraînait donc des pertes de matières premières dont les prix s'envisagent quasiment au gramme et dont la refonte était impossible comme cela se fait couramment avec l'or.
Bref, avant d'obtenir 25 boîtiers terminés et parfaits, il fallait accepter l'idée d'en faire bien plus et d'avoir des chutes en grande quantité
C'est aussi ça, la rançon de la nouveauté. Quoi qu'il en soit, le prix proprement hallucinant de qu'il cette pièce que l'on peut qualifier de plus chère du monde au gramme, s'explique en partie pour ces raisons matérielles. À titre d'exemple, ce sont les deux verres saphir de cette pièce qui grèvent le poids unitaire.
II était donc intéressant de travailler ce métal mais aussi celui de la platine, L'alliage entrant dans sa composition comprend essentiellement de l'aluminium et du lithium dans des proportions naturellement gardées secrètes.

Mouvement mamtel à cage de tourbillon en titane, sur platine en aluminium-lithium.

Y sont incorporés aussi du titane, du zirconium, du chrome-silicium, du zinc et du manganèse.
Bref, ce métal de dernière génération est d'actualité puisqu'il entre notablement dans la fabrication du futur plus gros porteur du monde : l'Airbus A 380. Llacquisition de quelques profilés de ce métal d'une densité de 2,6 (presque lés deux fois moins que le titane), introuvable dans le commerce même spécialisé et théoriquement réservé à la fabrication de structures aéronautiques soumises à contraintes, était la ronautiques question majeure. Il ne fait aucun doute que les quantités sont faibles, mais il en allait de même au début des années 90 pour le titane. Ce métal technique également très utilisé en aéronautique et dans les milieux sensibles, tout d'abord anobli par sa rareté, est devenu presque courant depuis quelques années.

Des fonctions et des compétences

Les montres créées par Richard Mille ne sont pas seulement des montres. Ce sont des Formule 1 de l'horlogerie. Dans les voitures de compétition sont testées des techniques, des matériaux, des solutions. Ainsi les vitesses au volant dites séquentielles, les freins "composite", les pièces kevlar-carbone et la généralisation de l'électronique embarquée, élaborés sation en premier pour les véhicules de Grand Prix, se trouvent maintenant sur les berlines de luxe ou de grande série. Richard Mille conçoit ses montres, très exactement, dans cet esprit Elles ouvrent la voie à des solutions intelligentes reprises par d'autres et généralisées à la production de petites séries.
C'est ainsi qu'il a sorti la réserve de marche associée à un indicateur de couple du ressort. sociée Cette aiguille, faisant pendant à celle du temps de fonctionnement restant, ne servait pas qu'à équilibrer le cadran saphir transparent des séries RM 002, RM 003 et RM 008. En effet, on sait que le couple d'un ressort de barillet n'est pas linéaire. En somme, trop tendu, il fait retarder la montre (lancement du balancier trop fort) et trop détendu, il la fait avancer (retour du balancier trop rapide). Pour savoir exactement quand arrêter de remonter sa montre manuelle, il semblait intéressant d'y placer une sorte de compte-tour visualisant les zones de bon rendement et celles qui sont nuisibles à la qualité des réglages. Le développement de ce principe devait se retrouver sur des modèles de très haut de gamme chez Audemars Piguet et peut-être un jour, qui sait, chez d'autres encore. Les échanges de technologie intelligents sont profitables à tous... Et ce n'est pas le seul développement apparu dans une RM à se retrouver sur une montre ne portant pas directement la signature de Richard Mille. En effet, le système de débrayage de la tige de couronne de remontoir et sa visualisation au cadran sont apparus à la fois sur les RM 002 V2 et RM 003 Vs et sur la Royal Oak Concept d'Audemars Piguet
Certes, ces montres bardées de technologies semblent infiniment plus complexes que les autres. C'est vrai, mais les versions Femme RM 007-1, la montre RM 005 automatique à masse réglable et variable, ainsi que le modèle Felipe Massa ne déméritent pas pour autant. La version sertie possède un mouvement classique en un sens, même si le métal ment reçoit un traitement de surface par pulvérisation de matière sous vide d'air. Toutefois, la masse oscillante est à considérer avec attention. Comme sur la version RM 005, elle n'a rien de classique. Elle exploite les déports de masses non suspendues pour augmenter leur rendement Les billes d'or enfermées dans le petit module en verre placé en bout de rotor possède à la fois une qualité esthétique et une dimension technique. Le flottement de la masse lourde absorbe en partie l'inertie des mouvements trop brusques, et augmente l'effet de giration dans un sens ou dans l'autre lorsque les mouvements du bras tendent à faire se regrouper les billes dans une section vitrée ou dans l'autre. Le réglage de la masse pour la RM 005 doit, techniquement, donner des résultats sensiblement identiques avec l'avantage, cette fois, de pouvoir les maîtriser totalement. En modifiant le diagramme des petits segments placés aux extrémités de la masse, on peut faire varier son rendement de manière significative. Le déport des masses sera à considérer en fonction du porteur, de son bras le plus fort, du fait qu'il est droitier ou gaucher et surtout de ses activités dans le courant de la journée. Ainsi, un homme assis à son bureau le plus clair de son temps devra faire régler le rotor de sorte qu'il bouge à la moindre sollicitation. Inversement, le grand sportif devra faire régler son modèle afin que le remontage ne tire pas trop sur la bride glis- glissante du barillet ; une situation toujours embarrassante pour un horloger car le "débandage" du ressort transmet des différences de couple dans le train de rouage qui, répétées trop souvent modifient les réglages fins effectués avec soin par les régleurs de précision.

Les montres imaginées par Richard Mille comme des voitures de course, parfois embarquées dans les cockpits des monoplaces barquées comme la RM 009-1 portée par Felipe Massa et testées lors des essais, attestent une osmose entre des produits totalement dissemblables, mais en affinité. Dans cet esprit, la blables, marque devait faire plus plus qu'offrir aux valeureux pilotes et aux passionnés de vitesse leureux et d'horlogerie des produits révolutionnaires. Il fallait une fondation pour donner aux jeunes espoirs les moyens d'exprimer leur talent Ainsi est née la "Richard Mille Watch Foundation". Cette année, l'horloger a choisi de soutenir le team ART GP dirigé par Nicolas Todt et inscrit en GP2 (ex F 3000). À travers celui-ci, il soutient avec une voiture Dallara aux couleurs de Richard Mille, Alexandre Premat, grand espoir français, et Nico Rosberg, le fils du pilote de F1.
À suivre... Même s'il ne s'agit pas directement d'horlogerie.

LA REVUE DES MONTRES MENSUEL
SEPTEMBRE 2005 / Mensuel / OJD : 10707

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