La seconde figure emblématique de l’histoire Girard-Perregaux est chaux-de-fonnière. Né en 1825 dans la cité des Montagnes neuchâteloises, Constant Girard fonde la maison Girard & Cie en 1852. Deux ans plus tard, il épouse Marie Perregaux (1831-1912), issue d’une famille d’importants négociants horlogers du Locle. La Manufacture Girard-Perregaux naît de l’union de leurs deux noms, en 1856 à La Chaux-de-Fonds.
Constant Girard-Perregaux se distingue notamment par ses recherches dans le domaine des systèmes d’échappements et en particulier celui à tourbillon. La qualité et la beauté de ses créations sont récompensées par de nombreux prix et distinctions lors de concours nationaux et internationaux ainsi qu’aux Expositions Universelles. En 1867, il présente un Tourbillon primé lors de l’Exposition Universelle de Paris. La consécration a lieu en 1889, lorsque son fameux Tourbillon sous trois Ponts d’or, devenu l’icône de Girard-Perregaux, remporte une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris.

L’horloger est un véritable visionnaire. En 1880, il développe un concept de montres-bracelets destinées aux officiers de la marine allemande et commandées par Guillaume Ier, l’empereur d’Allemagne. Pour protéger le verre des chocs, celui-ci est abrité derrière une grille. Deux mille montres sont manufacturées, ce qui représente la première commercialisation importante de montres-bracelets. Mais cette idée, alors révolutionnaire, n’a pas de suite immédiate. Il faudra, en effet, attendre le début du siècle suivant pour que la montre-bracelet rencontre le succès qu’on lui connaît.

Sous l’impulsion de la famille Girard-Perregaux, la Manufacture développe sa renommée bien au-delà du Vieux Continent. Elle figure parmi les premières à introduire la montre suisse en Amérique, où Constant Girard-Perregaux, avec ses beaux-frères Henri (1828-1893) et Jules Perregaux (1838-1903), établit des comptoirs.
C’est en octobre 1865 qu’Henri embarque pour l’Argentine en compagnie de son épouse. Il s’établit à Buenos Aires comme mandataire spécial de Girard-Perregaux dans les divers Etats du nord et du sud de l’Amérique. Dès 1872, cette procuration est étendue aux Antilles. Il passe seize ans de sa vie à faire prospérer la Marque, qui s’impose dans l’ensemble des marchés américains.

Girard-Perregaux étend sa présence jusqu’à l’Asie, de manière remarquable, puisque l’un des frères de Marie, François Perregaux (1834-1877), est l’un des pionniers de l’horlogerie suisse au Japon. Il s’embarque en 1859 pour l’Asie, mandaté par l’Union Horlogère pour la fondation d’un comptoir d’exportation. Il se fixe dès 1860 à Yokohama, devenant ainsi le premier négociant horloger suisse établi au Pays du Soleil Levant. Il y fonde, en 1865, la société F. Perregaux & Co. Comptant parmi les figures marquantes de la communauté francophone au Japon et l’un de ses plus anciens résidents, il est l’agent officiel de Girard-Perregaux jusqu’à son décès en 1877.
