
2002
Acquisition d’un régulateur à résonance signé Antide Janvier ; 1ère pièce de la collection Montres Journe SA.
"L’acquisition de ce régulateur a été une grande émotion pour moi car il fut réalisé vers 1780 par l’un des plus brillants horlogers français de l’histoire: Antide Janvier. Il symbolise le lien entre la création de mon "Chronomètre à résonance" et les recherches les plus intéressantes du XVIIIe siècle. C’est un des plus beaux régulateurs du monde, qui fut la première application connue de la résonance. Deux autres exemplaires se trouvent aujourd’hui au Musée Patek Philippe de Genève et au Musée Paul Dupuis à Toulouse. Il fait partie de la collection de Montres Journe SA."
Célébration du garde temps emblématique F.P.Journe
2010 commémore les 10 ans du célèbre Chronomètre à Résonance avec une nouvelle version affichant désormais un affichage sur 24 heures.
Un garde-temps emblématique qui signera distinctivement les recherches horlogères du maître horloger François-Paul Journe sur la précision. Cette montre représente un des défis les plus fous dans le domaine de la montre mécanique! Utilisant le phénomène naturel de la résonance, découvert par le grand maître horloger français Antide Janvier vers 1780, ce mécanisme révolutionne les standards établis et offre une précision encore jamais égalée dans la montre-bracelet mécanique.
2010 - F.P.Journe offre un nouveau visage à cet illustre Chronomètre à Résonance, acclamé par les collectionneurs du monde entier aussi bien que par les professionnels de l’horlogerie. Dans une ultime quête de précision, le cadran à 9 heures offre désormais un affichage sur 24 heures, définissant avec précision les heures diurnes des heures nocturnes. Le cadran à 3 heures en argent guilloché affiche l’heure locale mais peut également afficher le même fuseau horaire.

Le Chronomètre à Résonance. © F.P. Journe
Le nouveau Chronomètre à Résonance possède un mouvement en or rose 18 ct. avec ses deux balanciers mécaniques battant en parfaite synchronisation selon le principe de la résonance, et visibles à travers le fond saphir. Il est empreint d’une immense poésie horlogère, et demeure toujours, 10 ans après, la montre mécanique la plus précise de l’horlogerie contemporaine.
Briva (St Claude-Jura) 1751 – Paris 1835
Antide Janvier est l'un des horlogers français les plus connu qui réalisa des chef-d'oeuvres d'horlogerie, en particulier des sphères et des planétaires. Avec F. Berthoud, J.-A. Lepaute et R. Robin, il fait partie des grands horlogers de Paris qui se sont intéressés et ont contribué aux horloges d'édifice.

Antide Janvier. DR
Antide Janvier est né le 1er Juillet 1751 à Briva, près de Saint-Claude. Il était le fils de Claude-Etienne Janvier, laboureur qui avait quitté la charrue pour se livrer à la pratique de l'horlogerie. Prenant conscience des dons exceptionnels de son fils dans ce domaine, Claude-Etienne en confie l'éducation à l'abbé Tournier, mathématicien féru d'horlogerie. Ayant reconnu chez cet adolescent de 13 ans les signes d’une intelligence remarquable et précoce, il le forme à toutes les disciplines qui sont les siennes : le latin, le grec, les mathématiques et l’astronomie pour laquelle il a une véritable passion.
A l'âge de 15 ans, Antide Janvier entreprend la construction d’une sphère mouvante qu'il eut l’audace de présenter le 24 mai 1768 à l'académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, instituée par Louis XV en 1752, qui la reçut avec des éloges en lui accordant un certificat en date du 24 mai 1768 au palais Granvelle, signé Droz. Elle admit, quelques années plus tard, Janvier au nombre de ses membres. Il s'installe alors à Besançon. En 1770, A. Janvier composa un grand planétaire qui représentait les inégalités des planètes, leurs excentricités, les points équinoxiaux, les révolutions des satellites, etc. Cette machine fut présentée à Louis XV.
Il entre au service de M. Devanne, comme apprenti, afin de parfaire son enseignement d’horloger. En 1770, la municipalité de Besançon, dont l'attention avait été attirée par le travail précédent, demanda à Antide Janvier de travailler à la réfection de l’horloge de table du cardinal de Granvelle, fabriquée à Augsbourg en 1564. Ses brillants travaux de deux pendules à sphères astronomiques, l'une géocentrique, l'autre héliocentrique, lui valurent d'être présenté au roi Louis XV. En 1773, il s'installe à Verdun, où il se marie, et en 1774 à Paris où, par l'intermédiaire de l'astronome Lalande, il est attaché aux services de Louis XVI comme horloger du Roi et logé aux Menus-Plaisirs (Louvre).
Vers 1780, Antide Janvier entreprend des recherches sur le phénomène de la résonance. Son idée est de construire deux mouvements complets avec échappement de précision et de les placer proches l’un de l’autre, assurant ainsi que les deux pendules dépendent de la même construction. Ainsi qu’il l’avait imaginé, les pendules retrouvaient l’énergie dispensée par chacune d’elles et battirent à l’unisson, entrant ainsi en résonance. Il construisit deux régulateurs de précision à résonance, l’un étant préservé aujourd’hui au Musée Paul Dupuy à Toulouse et l’autre dans la collection privée de Montres Journe SA, Geneva.
Il reste longtemps en relation avec le souverain, et en 1792 il présente à la Reine sa pendule Géographique (actuellement à Fontainebleau) et, maladroitement, dit à la Reine :"voyez, vous pouvez savoir l'heure partout, par exemple, à Metz, il est..." . Il passe de nombreuses nuits avec le monarque à observer au travers d'une lunette les satellites de Jupiter et autres objets célestes. Après Varennes cela lui valut de tomber en disgrâce et lui permit de garder sa tête pendant la Révolution, même si, à cause d'inimitiés, il fit un séjour en prison.
Ses pendules sont toutes remarquables, leur réalisation toujours parfaite et leurs complications parfois difficiles à comprendre; en particulier son chef d'oeuvre indiquant le mouvement des planètes, les phases de la lune, les marées, les éclipses lunaires et solaires, l'équation du temps etc..., sur quatre faces et avec des principes d'engrenages jamais vus ! Le fleuron de l'horlogerie ! Il a construit des horloges indiquant l'heure des marées, d'autres planétaires et des pendules extraordinaires d'ingéniosité et de complications astronomiques.
Au moment de la révolution, A. Janvier est membre de la Commission temporaire des Arts, puis chargé de la direction des fabriques d'armes et de l'installation des télégraphes aériens. Il réalise de nombreuses sphères mouvantes, pendules extraordinaires, etc. De 1789 à 1801, il conçoit et fabrique l'horloge à sphère mouvante et à planétaires connue comme son plus grand chef-d'oeuvre.
Alors que commencent les excès de la Révolution française, s’ouvre pour Antide Janvier une longue période de chagrins et de misère. Sa femme est très malade, ses moyens d’existence sont devenus précaires. Il loge au 152, rue Poissonnière, immeuble qu’il dit insalubre et privé de soleil. On est loin des Menus Plaisirs de Versailles ! La mort de sa femme, en 1792, qui seule a toujours maintenu l’ordre et l’économie, va le précipiter dans de réelles difficultés. Il revient momentanément dans le Jura à Morez en tant que commissaire du salut public, chargé de l’établissement d’une manufacture d’armes et de l’installation des télégraphes aériens.
De retour à Paris, sa fierté et ses préoccupations horlogères lui font négliger les réalités de la vie courante liées à ses revenus. Pour continuer de produire ses pendules, il faut avancer les fonds pour payer le fondeur, le doreur, l’émailleur, le ciseleur... Pour habiller son horlogerie, il s’adresse toujours aux meilleurs artistes du moment. Par la suite, il sera obligé de vendre ses livres, ses dessins, ses meubles, ses machines et aussi ses pendules à Abraham Louis Bréguet qui y mettra son nom. Il meurt de vieillesse à Paris en septembre 1835, à l'âge de 84 ans.