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Bienfacture: le maître mot chez Vacheron Constantin

La nouvelle manufacture Vacheron Constantin abrite savoir-faire historique et technologies du futur. Installé au chemin du Tourbillon à Plan-Les-Ouates, ce bijou d’architecture d’une beauté éblouissante tient toutes ses promesses et bien plus encore…

Claude-Daniel Proellochs, CEO de Vacheron Constantin.

 

La manufacture de Vacheron Constantin, à Plan-les-Ouates, a été dessinée par l’architecte Bernard Tschumi qui a de nombreuses réalisations à son actif dans le domaine des arts: le nouveau Musée de l’Acropole à Athènes, le Musée d’art contemporain de São Paulo au Brésil et le Musée des arts africains de New York.

 

Impossible de parler des activités de la manufacture Vacheron Constantin sans décrire le décor dans lequel les montres sont assemblées, tant le cadre est idyllique. L’architecture novatrice et élégante de cet édifice attire irrésistiblement le regard, aussitôt séduit par tant d’audace et d’harmonie. Et à l’intérieur du bâtiment, l’espace prend de nouvelles dimensions: transparence, lumière, perspective, chaleur, silence…


Dans un couloir aux portes verrouillées par des systèmes ultrasophistiqués, règne un splendide établi du XIXe siècle, avec son burin fixe et sa lampe à pétrole, appelée lampe de Quinquet. A son instar, de nombreux éléments de décoration présents dans ce cadre si moderne, rappellent que l’horlogerie est un art séculaire. Ainsi, Vacheron Constantin marche résolument vers l’avenir sans pour autant oublier que 250 années d’expérience et de créativité signent l’excellence de la marque.

 

Ateliers baignés de soleil

Tandis que l’administration siège dans la partie haute, la partie étendue de l’édifice est dédiée aux ateliers dont les vastes baies vitrées offrent en spectacle les jardins environnant la manufacture. Le soleil emplit les lieux, éclairant les visages des horlogers concentrés sur leur travail et orientés vers les fenêtres, afin de profiter au mieux de cette lumière qui leur est si nécessaire. Quant aux établis, flambant neufs, ils offrent aux artisans un confort et des conditions de travail qui font bien des jaloux dans la profession! Parmi les horlogers, la moyenne d’âge est plutôt jeune, l’ambiance dynamique et l’accent mis sur la polyvalence. Chacun a la possibilité de travailler sur divers modèles et procédés, variant ainsi les tâches et renouvelant la motivation.


Par ailleurs, des contrôles rigoureux et systématiques sont effectués à chaque étape de fabrication et les ateliers sont situés dans une zone à atmosphère contrôlée (ZAC), assurant une parfaite propreté de l’air et évitant que des particules ne viennent altérer le fonctionnement des mouvements. Ce souci de propreté est révélateur de l’exigence, de la recherche de perfection qui anime les dirigeants de Vacheron Constantin.

 

Contrôles incessants

Tandis que les composants sont fabriqués dans la manufacture Vacheron Constantin de la vallée de Joux, l’assemblage, ainsi que tous les procédés qui s’ensuivent, sont effectués au chemin du Tourbillon. Lorsque les composants arrivent à Plan-les-Ouates, ils sont méticuleusement contrôlés et nettoyés avant d’être livrés aux mains expertes des horlogers de l’atelier d’assemblage. Les divers éléments qui constituent le mouvement sont alors assemblés et soigneusement ajustés avant d’être démontés, nettoyés et à nouveau assemblés. Enfin, les ébats de rouages sont contrôlés mécaniquement avant d’être réajustés et contrôlés encore une fois par la responsable d’atelier. Alors seulement, le mouvement en devenir peut être confié aux soins des horlogers de l’atelier de réglages qui dotent la montre de son ancre et de son balancier, garants de la précision du garde-temps. Une machine sophistiquée, le vibrographe, permet de vérifier l’équilibre du balancier dans toutes les positions. Selon les résultats obtenus, l’horloger doit parfois rééquilibrer le balancier en lui enlevant un tout petit peu de matière, un millième de gramme peut-être, ou plutôt «une idée», comme ils aiment dire entre eux.

 

Place belle à la main de l’homme

Les réglages de chaque pièce sont également contrôlés à plusieurs reprises, à 24 heures d’intervalle, avant que l’atelier des complications ne prenne le relais afin de mettre un Quantième perpétuel rétrograde ou une Répétition minute, par exemple. Le temps suspend son vol pendant l’élaboration d’un Tourbillon squelette de la collection «Malte»; ce dernier requiert 1500 heures d’un travail minutieux! En effet, chez Vacheron Constantin, le polissage se fait entièrement à la main, tout comme la gravure, l’anglage et la plupart des étapes de fabrication.


Dans l’atelier d’emboîtage, le cadran, les aiguilles et la boîte sont délicatement ajustés au mouvement. Une «Egérie» à la boîte pavée dévoile, grâce à son fond officier, un calibre 1400, tandis que sur l’établi voisin les aiguilles d’un Chronographe «Overseas» sont délicatement posées sur le cadran.


La manufacture Vacheron Constantin de Plan-Les-Ouates est en cours d’équipement pour pouvoir y effectuer la terminaison des composants, ainsi que la décoration et la gravure, étapes qui sont actuellement menées à bien à la manufacture de la vallée de Joux. Comptant aujourd’hui plus de 170 personnes, il est prévu que la manufacture du chemin du Tourbillon accueille dans le futur 250 employés, afin d’augmenter la production actuelle de 15 000 pièces à 20 000 pièces par an.


L’avenir s’annonce donc radieux pour Vacheron Constantin grâce à cet esprit, à ce but, qui anime ses horlogers depuis toujours: la bienfacture, c’est-à-dire le soin de mener chaque détail, même le plus infime, à sa perfection.

 


Jérôme Moussard, atelier d’assemblage.

 


La manufacture à Plan-les-Ouates.

 


André Buret, directeur de la production des montres.

 


Symbole de Vacheron Constantin, la croix de Malte (une petite roue pivotant sur le couvercle du barillet qui limite le degré d’armage de celui-ci) se retrouve marquetée sur chaque établi.

 


Serge Guignard, responsable de la formation des apprentis.

 


Isabelle Pereira, atelier d’assemblage.

 


Cirille Gruaz, atelier de réglage.

 


Michel Hadre, atelier d’emboitage.

 


Antonella Richard, atelier des complications.

 

 

Marina Wutholen

Tribune des Arts - Juillet/Août 2005 - No333