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Horloge réglée par un |
Entre la fin du XVIe siècle et la première moitié du suivant, il n'y a pas de transition; l'horloge comme la montre, tout en se perfectionnant quelque peu, n'évoluent guerre que dans certains détails. Elles paraissent alors en nombre assez considérable dans les natures mortes.
Ce terme de nature morte est moderne, mais le genre est des plus anciens puisqu'on en trouve des exemples sur les parois des hypogées de l'Egypte. A la Renaissance, l'Ecole italienne s'y exerça, mais on sait que l'Ecole flamande et, parallèlement l'Ecole hollandaise, ont produit les peintres les plus nombreux et les plus habiles en cet art fin et délicat entre tous. On les appelle petits maîtres, et pourtant certains d'entre eux ont témoigné plus que du talent, en reproduisant de façon magnifique les simples animaux de basse-cour, la batterie de cuisine, des fruits ou des bouquets de fleurs, rendus avec un naturel parfait et sur lesquels des insectes sont peints avec une telle minutie qu'on les croirait vivants.
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'L'assiduité', personnage |
Ce sont également des objets hétéroclites arrangés en ensembles artistiques et parfois symboliques, parmi lesquels on plaçait volontiers une tête de mort (figuration traditionnelle) destinée á rappeler sans cesse la fragilité humaine. Parmi les objets choisis, on comprend que les belles montres gravées, de même que les charmantes petites horloges de table, aient inspiré les artistes. Ces instruments horaires eux aussi servent de symboles, mais quelquefois leur rôle est d'ordre purement décoratif comme dans le tableau qui présente, auprès d'un vase de fleurs, une montre à l'armature de métal et au boîtier de cristal taillé s'accordant harmonieusement avec les teintes douces ou éclatantes des roses ou des oeillets qui s'y reflètent.
Remarquons que le goût de la collection des objets d'horlogerie était déjà né. Dans les trésors artistiques des princes, au XVIIe et au XVIIIe siècle, on voit figurer des séries de pièces compliquées. Ce goût est en rapport avec celui qui existait pour l'orfèvrerie si brillante à cette époque-là. L'horlogerie bénéficia largement de la floraison extraordinaire des métiers touchant l'art appliqué qui se développa à la Renaissance dans toute l'Europe occidentale.
Le prince-électeur Auguste de Saxe, puis l'empereur Rodolphe II de Habsbourg (qui régna de 1576 à 1612), ne collectionnait pas seulement la montre précieuse pour sa valeur et son utilité ou pour l'amour du luxe, mais ils en connaissaient eux-mêmes la technique. On les voit rechercher des mécanismes curieux, voire bizarres et, par leurs commandes, encourager souvent les horlogers de leur temps à imaginer, d'après leurs propres plans, des oeuvres toujours plus perfectionnées. C'est ce que firent un peu plus tard, en France, Gaston d'Orléans (frère de Louis XIII), puis le cardinal Mazarin, grand collectionneur s'il en fut.
La montre de dame continua à être portée à la ceinture comme précédemment, suspendue par un ruban ou par une chaînette et accompagnée d'une clef à manivelle: mais les hommes la plaçaient depuis assez longtemps dans un gouset.
Dès 1630, le décor de la montre fut complètement renouvelé par la peinture sur émail. Il ne s'agissait plus de l'ancienne technique de la peinture 'en émail' pratiquée à Limoges au XVIe siècle où le modelé s'obtient par superpositions, mais d'une peinture à plat avec des couleurs vitrifiables. Afin de disposer de la plus grande surface unie, on abandonna alors la forme ovale pour la forme ronde bassine.
Les deux grandes inventions du XVIIe siècle en matière d'horlogerie sont celle de Huygens relatives, l'une au pendule des horloges, l'autre au ressort spiral des montres. La seconde nécessita la modification complète du mécanisme qui devint plus épais (en forme d'oignon) en attendant que la technique du siècle suivant fût parvenue à lui redonner peu à peu sa minceur et son élégance d'antan.
De nouveaux centre horlogers naissent à la fin du XVIIe siècle. Montres et horlogers se répandent, se démocratisent. Elles entrent dans la vie courante, elles fournissent des éléments à la poésie, à la philosophie, à la satire.