A partir de 1500, les horloges s'associent fréquemment au portrait. On sait que s'il fut peu connu dans l'Antiquité (car l'image des personnages historiques y était rendue par la sculpture) et si le moyen âge ne vit la figure humaine que d'une façon généralisée, ce fut la Renaissance qui mit le genre en honneur. Après les maîtres flamands, les Italiens ne tardèrent point à y briller. Dans ces portraits, l'horloge apparaît encore comme une curiosité rare. Quant à la montre, objet nouveau et plus précieux encore, elle fut mise à l'honneur à titre de bijou et l'on s'ingénia à la présenter de la façon la plus ostensible.
On aperçoit sur quelques portraits, ceux de Holbein en particulier, la montre sous son premier aspect, c'est-à-dire de forme ronde ou tambour un peu aplati. Elle était suspendue au cou par une chaîne ou, chez les dames, portée en broche. Certaines montres, en forme de boule, s'associaient au porte parfum, comme ce fut le cas en Italie dans les premières montres signalées à Mantoue ou à Milan, au XVe siècle déjà.
A la forme ronde succéda vers 1580, la montre ovale qui demeura pendant un demi-siècle le type le plus courant. Son décor devint, principalement par la gravure, d'une richesse infinie. Bientôt des pièces aux contours les plus variés en dérivèrent : octogones, carrées, ou encore en forme de croix ; puis des nouveautés fantaisistes : fleurs, animaux ou même, comme nous l'avons vu, têtes de mort en miniature, beaucoup d'entre elles suspendues à la ceinture.
L'application du ressort moteur qui fit mitre la petite horloge portative, puis plus tard la montre, provoqua une révolution de première importance dans l'horométrie.
La Renaissance donna à la petite horloge la forme de pièces d'orfèvrerie qui apportèrent dés lors à la peinture un élément décoratif. Les artistes ne tinrent plus qu'exceptionnellement compte de la tradition et suivirent avant tout leur fantaisie : pièces placées sur des meubles ou suspendues, car malgré l'invention du ressort, on conserva souvent les horloges à poids moteurs qui donnaient des résultats plus précis. Chose étonnante, ces horloges suspendues, bien qu'elles fussent assez loin de la vue, étaient exécutées avec autant de soin que celles placées à portée de la main. De tels objets constituaient encore un grand luxe pour les gens riches qui tenaient à ce que leurs détails fussent mis en valeur.
Dans nombre d'horloges portatives, les timbres se trouvent renfermés dans des dômes surmontant l'objet : galbés ou demi-sphériques en forme de campanile parfois compliqués. Certains d'entre eux rappellent les architectures élancées rencontrées par les conquistadores dans les Indes orientales et qui inspirèrent notamment l'art des Flandres.
L'horloge fournit alors matière à de nombreuses fantaisies. On lui donna par exemple la forme d'ostensoir. Enfin certains personnages portraiturés, s'ils étaient des savants, aimaient à se faire peindre au milieu des instruments horaires qu'ils étudiaient ou construisaient, tel l'astronome horloger N. Kratzer à la Cour d'Henri VIII, ou même les ambassadeurs français à Londres qu'Holbein représenta prés d'une table couverte d'instruments de mathématiques. C'est l'époque où l'on voit aussi une jeune fille qui, à la place d'un bijou ou d'une fleur, tient dans sa main une armille. Il est vrai que cet objet devait avoir à ses yeux la valeur d'une oeuvre d'art.