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Daniel JeanRichard (1665-1741) |
L'histoire de Daniel Jean-Richard, mort le 20 avril 1741, intéresse par la manière dont elle est contée autant que par elle-même. Il n'existe pas moins de sept versions différentes, sous forme de conte, de légende, de mythe ou encore d'histoire vraie.
Daniel Jean-Richard naît en 1665, à La Sagne. En 1679, le marchand de chevaux Péter apporte une montre faite à Londres et qui s'est dérangée. Le jeune homme parvient à la réparer, puis décide d'en fabriquer une autre, ce que personne n'a encore fait dans la région.
Après une année de préparatifs et six mois de travail, il réussit, reçoit des commandes et crée le premier atelier de fabrication de montres des Montagnes neuchâteloises. Il forme d'autres horlogers, notamment ses cinq fils et Jacob Brandt; il réinvente la machine à tailler les roues d'engrenage, dont on lui fait mystère à Genève, puis il la met à disposition de ses confrères.
Il s'établit enfin au Locle, où il exerce son activité avec ses fils et fabrique également de petites pendules et même des montres à répétition. Daniel Jean-Richard devient, au cours du XIXe siècle, le créateur de l'industrie régionale. Certains voient même en lui l'inventeur de la montre. Il est le génie auquel tout un peuple doit la prospérité et fait l'objet d'un culte dont les grands moments sont, au Locle, l'érection d'une statue en 1888 et le Festival du bicentenaire en 1941.
'Au cours de son apprentissage Daniel a déjà vu des montres. Il a cette l'occasion d'en tenir une entre les mains, de l'examiner plus à fond et, après l'avoir réalisé en marche, il se met à en exécuter une semblable. Cet événement décide de l'orientation de sa carrière. Mais quoi que l'on dise, ou que l'on publie, Daniel Jean-Richard restera pour le public, grâce au tableau de Bachelin et à la statue d'iguel, un forgeron ou un serrurier. L'essentiel n'est pas qu'il ait appris tel métier plutôt que tel autre, mais bien qu'il ait donné l'impulsion à l'industrie horlogère. C'est à ce titre qu'il a droit à la reconnaissance des Neuchâtelois.'
Selon Alfred Chapuis et Aymon de Mestral, Daniel Jean-Richard n'a pu créer seul, ni de toutes pièces, l'industrie des Montagnes. Ils lui attribuent par contre une influence déterminante sur l'orientation de celle-ci. L'homme aurait 'par sa largeur de vue et son désintéressement, devancé son temps et fait preuve d'une conception réellement industrielle et moderne de l'horlogerie'.
Le second tenant lieu de la première chaque fois que n'apparaissent pas les informations attendues. En l'espèce, l'attente est d'abord celle d'une explication. Faute de connaître la cause de l'industrialisation des Montagnes, on l'attribue à Daniel Jean-Richard, un peu comme les anciens attribuaient à Prométhée l'invention du feu.
Le hasard veut que le personnage ait existé, mais à défaut il aurait été inventé. La fierté familiale peut inciter le fils de Jean-Richard à exagérer les mérites de son père, mais non lui faire inventer des précisions telles que le nom du marchand Péter, la provenance anglaise de la montre, l'année qu'il a fallu pour préparer la fabrication d'un nouvel objet ou les six mois de cette fabrication.
A la mort de Daniel Jean-Richard, les seuls horlogers de la région sont les fils de celui-ci, ainsi que les dénommés Favre et Prince au Locle et Jacob Brandt à La Chaux-de-Fonds; ils ne faisaient ensemble que deux à trois cents montres par année et ce n'est qu'en 1750 que la fabrication prit de la consistance.
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