Le premier membre de la famille Golay à s'être installé à Genève se nomme Jaques David Golay, originaire de Vaud, dans la Vallée de Joux. Né en 1782, il s'établit à Genève vers 1829 avec sa femme, Susanne Louise Meylan et leur enfant David Auguste.
Les Golay choisissent de vivre dans le quartier de Saint-Gervais. Ce secteur de la ville est dévolu de longue date déjà à l'industrie horlogère; la plus grande partie des ateliers fabriquant les diverses pièces que constituent une montre y sont réunis. C'est ce qu'on appelle la Fabrique. C'est dans cet univers que travaille Jacques David Golay.
Auguste Golay, né au Chenit en 1814, arrive donc à Genève avec ses parents vers l'âge de 15 ans et commence à exercer la profession d'horloger à 18 ans.
En 1837 deux événements majeurs se passent. La première est qu'il épouse, à 23 ans, Susanne Leresche. Elle exerce le métier de régleuse - qui comme son nom ne l'indique pas signifie qu'elle pose et fixe le spiral sur l'axe du balancier et travaille probablement chez son père horloger. Dès son mariage avec Susanne Leresche, Auguste se met vraisemblablement à établir et à vendre des montres pour son propre compte, en marge de son emploi d'horloger. C'est ainsi, sans doute, que depuis 1837 il fait ses premiers pas dans le monde des affaires. La deuxième raison est liée à la première. En effet, la fondation de la Maison Golay-Leresche est notoirement fixée en cette même année, bien que les documents indiquent que c'est à 27 ans, soit après 9 ans d'expérience professionnelle, qu'Auguste Golay monte sa propre affaire.
En 1841, Auguste Golay, avec un associé nommé Louis Gunther, forme un "établissement d'horlogerie", baptisé Golay & Gunther. Cette Maison est selon la description du notaire "un commerce d'établisseur d'horlogerie", c'est-à-dire qu'elle achète les ébauches et les fournitures nécessaires à la fabrication d'une montre complète puis les assemble dans ses ateliers.
Cette première Société est cependant rapidement dissoute, soit le 15 mars 1842. Louis Gunther quitte "le navire", mais Auguste continue seul l'entreprise sous une nouvelle signature sociale : Golay-Leresche. Le nom de sa femme est donc joint au sien.
En 1847, après 6 ans de fonctionnement, la Maison s'est manifestement bien implantée à Genève. Malgré une crise politique et économique qui s'abat sur l'Europe, Auguste a tout de même ouvert une succursale, et que probablement dès sa fondation une partie de sa production vise une clientèle d'un tout nouveau genre : les touristes. Dès lors, la production horlogère de Golay-Leresche est essentiellement axée dans les secteurs du luxe et de la haute précision, défendant ainsi l'image de qualité que la Fabrique exporte sur tous les continents.
La crise économique européenne s'estompe dès les années mil huit cent cinquante. Pour Auguste Golay et le monde de la Fabrique débute une période faste. Par tradition, l'industrie horlogère genevoise est avant tout orientée vers une production de luxe de très grande qualité, destinée à une riche clientèle internationale. Pour atteindre ces marchés en pleine expansion, les Maisons horlogères de la cité placent des agents commerciaux dans les principales villes afin d'être au plus prêt des souhaits des acheteurs et des modes locales. Ils implantent ensuite également des succursales ou créent des filiales dans ces centres importateurs des produits horlogers genevois, à savoir principalement Londres, Paris et New-York. Mais la diffusion des montres de la cité de Calvin ne se limite pas au monde occidental; elles se retrouvent sur les marchés asiatiques, moyen-orientaux, sud-américains ou sud-africains.
Auguste Golay suit très rapidement la même politique que ses confrères. Par exemple, il est très probable que très rapidement Golay-Leresche diffuse des publicités dans les journaux ou les guides touristiques d'expression anglaise, afin de toucher les Anglo-Saxons qui forment une grande partie de sa clientèle. La Société assure aussi très certainement à partir de cette époque une présence permanente dans les villes de Londres et de New-York au travers d'agents commerciaux. En 1870, Golay s'associe avec deux de ses fils.
La première Exposition universelle a été inaugurée à Londres en 1851 par la reine Victoria. L'organisation d'une telle manifestation est inédite, jamais une telle réunion de pays en un même lieu n'avait vu le jour auparavant.
C'est une opportunité que ne laisse pas tomber Auguste Golay et ensuite ses fils. En effet, la Maison participe dès le début aux diverses expositions. Il est donc naturellement présent à cette première exposition où il remporte une médaille pour la qualité de ses montres. Sa seconde présence attestée à une exposition est celle de Paris en 1855. Cette dernière offre une place plus importante aux Arts tout en maintenant au premier plan les sections dévolues à l'industrie. C'est dans cette catégorie qu'Auguste Golay-Leresche remporte une médaille de classe pour ses montres de luxe et de haute précision.
En remportant la médaille d'or en 1889, c'est la haute qualité des montres Golay-Leresche et fils qui est reconnue. Ce prix - et les autres - sera ensuite exploité par la maison comme argument de vente. Il est donc par conséquent indispensable pour Auguste Golay et ses fils de participer aux expositions les plus importantes pour son commerce et de gagner des prix.
Sur le plan national, Golay-Leresche et fils assure aussi une brillante présence à Zurich en 1884 et à Genève en 1896, où il enlève la médaille d'or. A la première, c'est même Pierre Golay qui assure l'organisation de la délégation des horlogers genevois, en qualité de président de la Collectivité genevoise d'horlogerie, et dont le but est de défendre les intérêts des dirigeants des entreprises horlogères. Pierre Golay se trouve donc être le représentant de la Fabrique genevoise toute entière.
On mesure donc tout le chemin parcouru par Auguste et ensuite par ses fils depuis 1837. De la petite bijouterie-horlogerie des débuts, la dynamique Maison a prit au fil des ans un rôle prépondérant dans le monde horloger genevois et international. Sa production, d'après les spécialistes, est "(...) de ce qui se fait de mieux à Genève (...)" et ce genre de louange est réitéré à chaque exposition. Cette maîtrise de l'art horloger permet non seulement de conquérir les plus hautes distinctions lors des expositions mais aussi lors des concours pour le réglage des chronomètres, notamment ceux qui se tiennent à Genève.
La mort d'Auguste Golay survient le 24 mai 1895. Il laisse à ses deux fils une entreprise des plus florissantes et dont la réputation n'est plus à faire. Lorsque Pierre et Louis Golay s'associent l'année d'après avec Edouard Stahl, la Maison change de nom pour prendre celui de Golay fils & Stahl. Les ventes de la Maison sont au plus haut au cours de la prochaine décennie, et même jusqu'à la Première guerre mondiale. La Société continue de remporter, entre autres, les meilleures distinctions aux concours de réglage de Genève et elle a su garder son importante et richissime clientèle. Cependant, les événements sont tels que dès 1905, la Société sera entièrement aux mains de la famille Stahl.
Luc van Aken Licencié en Histoire de l'Université de Genève
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