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Automates Musiciens
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Musique automatique
Automates Musiciens

La musique est associée à la présentation de quantité d'automates, qu'il s'agisse de grottes hydrauliques, d'horloges, de pendules, de montres ou d'oiseaux chantants.

Dessin original de P. Engramelle, montrant les divers systèmes mécanique

Carillons:

C'est peut-être par le carillon que débuta la musique mécanique. Il existait en Chine à une très haute antiquité, se composant de clochettes en jade taillé, placées sur un châssis et harmonisées. A partir du IXe siècle, on rencontre en Europe des dispositifs du même genre. Avec le temps, ces sonneries devinrent en partie mécaniques, comme M. Wins nous le montre pour l'horloge de Tournai (à la fin du XIVe siècle) où les touches du clavier transmettaient leurs mouvements à des marteaux placés au-dessus de la cage de l'horloge. Au XVIe siècle, un important progrès fut réalisé par le clavier manuel dont chaque touche actionnait le battant d'une cloche par l'intermédiaire d'un fil métallique.

Il est tout naturel que l'on ait cherché à introduire le carillon dans les horloges et les pendules. On le voit au XVe siècle déjà, mais il devint d'un usage plus fréquent surtout au suivant. Les timbres étaient en métal ou en verre, fixés sur le haut de l'horloge ou à l'intérieur de la caisse.

On en a un joli exemple dans une montre signée Jaquet-Droz de la collection H. Wilsdorf et qui fut confectionnée avant 1783. Le carillon y est composé de cinq marteaux actionnés par les goupilles d'un petit rouleau pareil à ceux des boîtes à musique et qui frappe sur cinq petites cloches superposées. Ces montres représentaient un tour de force d'exécution.

L'invention de l'orgue a été attribuée soit à Jubal, cité par la Bible, soit à Archimède ou à Ctésibius qui vivaient environ 200 ans avant J.-C. (l'idée première se serait trouvée dans la flûte de Pan). Mais il s'agissait alors d'orgues hydrauliques dans lesquelles l'eau servait à égaliser la pression de l'air fourni par les soufflets. On en arriva à construire des orgues automatiques. Ce système fut employé pour souligner musicalement le jeu des divers automates anciens et en particulier ceux des «Grottes» de la Renaissance. L'on imagina un premier système purement mécanique dans la serinette qui, automatisée, put être placée dans les pendules. Ce furent celles à jeu de flûtes, développées tout d'abord, semble-t-il, dans le sud de l'Allemagne (Augsbourg), puis en d'autres contrées, en particulier à La Chaux-de-Fonds, cette localité travaillant parfois en collaboration avec Genève, enfin dans la Forêt-Noire.

A La Chaux-de-Fonds, les Jaquet-Droz, J. Robert et ses fils contribuèrent beaucoup à développer ce côté de la pendulerie, souvent lié à des automates. Ce fut aussi Abram-Louis Huguenin, spécialiste de premier ordre pour la construction des pendules à jeu de flûtes ou à d'autres système.

Mouvement de musique à peigne d'une tabatière très plate, lames disposées sur les deux faces.

Les pendules à musique au XVIIIe siècle

La grande vogue des pendules à musique au XVIIIe siècle fit imaginer des carillons, puis d'autres systèmes en miniature appliqués aux montres. Nous avons parlé plus haut des carillons. L'invention du peigne, c'est-à-dire d'un clavier formé de lames élastiques en acier, remplaçant les timbres, constitua le perfectionnement le plus important opéré alors. Parmi les musiques à peigne, il faut distinguer le système à disque avec les goupilles disposées dessus et essous et celui à rouleau. Tous deux. présentent certains avantages. Celui à disque est plus difficile à mettre au point, mais la résonance est plus longue et l'air exécuté plus nourri. C'est cependant le système à rouleau qui prévalut dans les boîtes à musique.

Lorsque le mécanisme n'eut plus, comme moteur, le ressort d'une montre, il fut muni d'un barillet sur le pourtour duquel on fixa des goupilles, avec un ressort spécial, si bien que ces instruments purent être fixés dans toutes sortes d'objets de petites dimensions, albums à musique, pommeaux de cannes, etc. En même temps, on réussit à fabriquer des tabatières pouvant jouer plusieurs airs.

L'Indicateur genevois, qui a paru jadis irrégulièrement, en 1828 1830, 1831, 1835, 1840, etc., nous donne les noms et les adresses des horlogers de cette ville qui, durant cette période, confectionnaient des pièces à musique, c'est-à-dire des montres, des tabatières ou d'autres bijoux. Donnons-en simplement la liste par ordre alphabétique (les prénoms ne sont presque jamais indiqués), avec les dates:

Aubert (1840) - Capt (18 35) - Curting (1835) - David (1835) - Dunand & Meyer (1835) - Golay (1835) - Granger (1835) - Lecoultre (1835) - Lecoultre & François (1835-1840) - Liodet, André (1835-1840) - Nicole Frères (1828-1835) - Piguet J.-D. & Fils (1835), puis Piguet & Cie (1835) - Reymond-Nicole (1835) - Rochat Frères (1835) - Rochat & Nicole (1835) - Rousset (1835).

Lame en forme de faux pour améliorer la sonnorité dans les petits objets

Ce goût des petites pièces à musique se serait développé d'une manière inattendue. Durant l'Empire, des prisonniers autrichiens en captivité à Paris, mirent à la mode leurs tyroliennes. Napoléon offrit à ses généraux plusieurs tabatières à musique reproduisant ces airs. Elles furent en vogue, ce qui en fit perfectionner le mécanisme.

Peu à peu, on renonça à associer les musiques aux mouvements de pendules et de montres. La tabatière s'agrandissant et perdant son but initial, fit de plus en plus place à la boîte à musique. Genève y eut (avec la Vallée de Joux) la prépondérance jusque vers 1860 puis, ce fut ensuite un déclin assez rapide, car on ne sut pas, aussi rapidement qu'ailleurs, s'adapter aux procédés mécaniques. Cependant, cette ville avait produit de fort belles pièces, actuellement recherchées des collectionneurs, ainsi que les grands «cartels» faits à Sainte-Croix, localité qui avait pris sa place. Un souvenir des anciens automates, ce sont les petites poupées qui tourniquent et dansent au premier plan de certaines boîtes à musique. Suivant la manière dont le pied retombe, la danseuse repart en s'agitant d'une manière différente. Il y avait aussi des Chinois, des abeilles ou des papillons doublant la mélodie à l'aigu en frappant sur des timbres supplémentaires, sans compter les carrousels (manèges ou chevaux de bois) qui surmontent les grandes boîtes à musique et que l'on voit encore dans certaines gares, mis en mouvement par la pièce de deux sous glissée dans la fente aménagée à cet effet.

On a imaginé quelque chose de beaucoup plus joli, ce sont des groupes de petits danseurs qui paraissent dans des médaillons, au-dessus des grandes boîtes à musique. Au départ de la musique, actionnée par une tirette, les couvercles de deux médaillons se soulèvent, laissant apparaître chacun trois personnages, la figurine du centre danse en écartant bras et jambes; les deux autres battent des cymbales. La musique, qui est de bonne qualité, comporte six airs d'Offenbach.

Petits automates danseurs sur un cartel à musique

L'industrie de la boîte à musique a beaucoup souffert de la concurrence des disques ronds en acier, faits en Amérique et à Leipzig, puis aussi à Sainte-Croix. Mais le gros coup leur fut porté par le phonographe. On sait cependant que la, petite boîte à musique s'est fabriquée depuis, à certaines époques, en quantités énormes à Sainte-Croix et que cette spécialité demeure très vivante.

Les Automates d'Alfred Chapuis et Edmond Droz, Editions du Griffon

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