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Pièce de table en or émaillé, avec rosaces tournantes et fontaines |
Tandis que l'Allemagne durant tout le XVIIe siècle et une partie du suivant continuait à produire des horloges à automates, ce genre fut en général moins répandu en France, bien qu'une des plus belles de ces pièces, celle d'Antoine Morand, eût été commandée pour le palais de Versailles (1706), à la gloire de Louis XIV. D'autre part, dans tous les pays horlogers de l'Occident, on ne cessa jamais d'y revenir et le XVIIIe siècle vit construire en Suisse, en Angleterre, en France, en Allemagne quelques-unes des plus magnifiques pendules à personnages ou à animaux mobiles. Une des plus compliquées et l'une des plus remarquables aussi fut celle dite « du Berger » de Pierre Jaquet-Droz, qui fut transportée, avec quelques autres en 1758, à Madrid où elle fut acquise par le roi d'Espagne. Cette pièce, d'un intérêt exceptionnel, et qui existe encore (conservée dans l'ancien Palais Royal) a été maintes fois reproduite et décrite.
La scène qui parut la plus charmante dans cette pendule dite « du Berger » est celle qui se passe dans les fenêtres en arcades qui s'ouvrent, au-dessous du cadran, sur un balcon d'argent. On y voit un amour portant un oiseau sur son poing et une jeune dame tenant un livre à la main et accompagnant par ses mouvements la mesure de l'air exécuté. De plus, elle approche le livre de ses yeux qui suivent la musique, prend une prise, puis termine la scène par une révérence.
Les Jaquet-Droz reprirent cette idée et il existe plusieurs pendules, signées ou non, mais qui leur sont attribuables, où l'on voit, placée au-dessous ou au-dessus du cadran, la petite dame battant la mesure, ou même plusieurs personnages, lorsque se déclenche la musique, à l'heure ou à volonté.
Mais à cet égard, les Jaquet-Droz eurent un émule dans cet extraordinaire personnage, Abraham-Louis Huguenin, qui fut, durant quelques années (1765-1768), inspecteur de la fabrique que le roi Frédéric II tenta d'organiser à Berlin.
Il fut l'auteur de la célèbre et grande pendule dite du Couronnement de Marie-Thérèse (Kaiserliche Vorstellungsuhr) du musée de Hofburg à Vienne. Si elle peut paraître un peu compliquée dans son style et très surchargée dans sa décoration, elle n'en a pas moins grand air; mais c'est surtout du point de vue historique qu'elle est intéressante, comme rappel d'un grand événement dans les annales du Saint-Empire germanique. De plus, son mécanisme que nous avons l'avantage de reproduire, suscitera l'admiration. On peut dire même qu'elle est en quelque sorte un film de l'époque. En effet, on. peut y voir toute une scène historique présentée, il est vrai, sous une forme allégorique, et cela au moyen d'automates remarquables qui paraissent dans le cadre centrale.
Il s'agit du couronnement de François 1er d'Allemagne, en compagnie de son épouse, la grande MarieThérèse. Ce personnage, François-Étienne, avait été tout d'abord duc de Lorraine, puis grand-duc de Toscane. Marie-Thérèse avait manoeuvré si habilement que celui-ci reçut enfin la couronne impériale. A vrai dire, ce fut l'impératrice qui continua à diriger toutes les affaires, aussi le nom de l'époux n'est-il que rarement prononcé dans l'histoire.
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Pendule dite du Couronnement de Ludwig Knaus fils, Château impérial de Vienne. |
Cette pendule fut commandée à Ludwig Knaus, le fils, à Darmstadt et l'artiste mécanicien la termina en 1750 pour commémorer le dixième anniversaire de l'événement. Selon l'étude remarquable d'un historien et technicien viennois, Ludwig Knaus fils fut aidé, dans ce travail d'une difficulté inouïe, par son frère cadet, Friedrich von Knaus (l'auteur de l'androïde écrivain), et il eut en plus de nombreux artistes et artisans comme collaborateurs pour le détail de la boîte, de la musique, des cloches, etc... La scène, tout d'abord cachée par une draperie, a pour fond une colonnade à l'antique devant laquelle, sous une forme allégorique, les nations allemande, hongroise et tchèque viennent prêter hommage au couple impérial.
Pour commencer paraît, à gauche, l'empereur tenant son bâton de maréchal, puis, à droite, Marie-Thérèse, la tête coiffée d'un diadème. Alors, de droite et de gauche, avancent des personnages symboliques apportant les trois couronnes et prêtant hommage en fléchissant le genou. Immédiatement après, on voit paraître, au second plan, diverses figures représentant la Guerre, la Paix, le Commerce, les Arts, la justice, tandis que Leurs Majestés saluent de la main.
Disons encore quelques mots du mécanisme dont nous donnons trois vues différentes:
Mais voici que, plus haut, surgit le Démon de la haine avec sa tête de méduse; il est chassé et poursuivi par l'archange Michel qui le frappe de son glaive enflammé.
C'est enfin l'apothéose. Clio, la muse de l'Épopée et de l'Histoire, vient écrire de sa plume d'or dans les nuages «Vivant Franciscus et Theresia ». Puis paraissent des deux côtés des anges volants et joueurs de trompettes; un choral retentit, les cloches sonnent, tandis que deux guirlandes de lauriers descendent du ciel pour couronner les deux souverains.
Enfin, la proclamation latine ayant disparu, Leurs Majestés font un signe et tout disparaît, la cérémonie étant terminée. Tout cela s'effectue avec beaucoup de simplicité et de naturel.
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