Vers 1770, Lépine avait ouvert une nouvelle phase dans l'histoire de la montre en substituant à la traditionnelle cage de la montre une simple platine sur laquelle les différents éléments du mouvement étaient maintenus par des ponts.
A partir du calibre plat inventé par Lépine, Abraham-Louis Breguet (1747-1823) créa un type de montre dont l'aspect fonctionnel annonçait l'ère industrielle. Par de multiples innovations, Breguet essaya, tout au long de sa carrière, de parfaire l'exactitude de la montre. II réussit si bien dans son dessein que ses œuvres, d'une perfection technique inégalée, lui acquirent une immense renommée auprès de l'élite aristocratique et financière. Sa production comprenait des montres "perpétuelles" à remontage automatique, des montres à tact permettant de connaître l'heure dans l'obscurité, des montres à répétition, des montres dotées de multiples complications et des montres de souscription fabriquées en série. La plus prestigieuse création de Breguet est peut-être la "montre de Marie-Antoinette", conservée à l'Institut d'art islamique de Jérusalem, qui, commandée en 1783, fut achevée quarante ans plus tard. Cette montre possède un remontage automatique, un calendrier perpétuel, un thermomètre et une sonnerie à répétition des heures, des quarts et des minutes. L'influence de Breguet fut immense. Le style de ses montres devint un modèle pour tous les horlogers soucieux de la qualité de leurs ouvrages.
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Pendule en mabre aux motifs égyptisants, 1805 |
Tout au cours du XIXe siècle, de multiples inventions perfectionnèrent la construction des montres. En 1842, Adrien Philippe inventait le remontoir au pendant : le remontage du ressort s'effectuait en tirant et en faisant tourner la couronne placée sur le pendant du boîtier. Les améliorations apportées à l'échappement à ancre, inventé par Thomas Mudge en 1754, permirent de le substituer, à la fin du XIXe siècle, à l'échappement à roue de rencontre et à l'échappement à cylindre jusque-là utilisés. En 1860, Edouard Phillips publiait un Mémoire sur le spiral réglant des chronomètres et des montres qui indiquait aux horlogers la manière de construire un spiral cylindrique aux oscillations parfaitement isochrones. Les perfectionnements apportés à la technique horlogère permirent la création de pièces de haute précision dont le contrôle était effectué dans des observatoires comme ceux de Genève et Neuchâtel ou celui de Besançon construit en 1885. Les horloges fabriquées par Berthoud, Breguet, Robin et Janvier, présentaient un haut degré de qualité, en particulier leurs régulateurs. Ces horloges à gaine étaient spécialement conçues pour mesurer le temps le plus exactement possible et pouvaient ainsi servir à vérifier la précision des horloges qui leur étaient comparées. Leur mouvement était doté d'un pendule muni d'un système destiné à compenser les modifications dues aux variations de température ; parfois, leur cadran indiquait les quantièmes, les jours de la semaine, les mois, le lever et le coucher du soleil, les phases de la lune, l'équation du temps et les heures des marées.
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