
François-Paul Journe naît à Marseille. A l’âge de quatorze ans, il entame ses études à l’Ecole d’horlogerie. Peu à peu, il découvre l’univers vaste et riche des sciences horlogères qui sauront satisfaire sa curiosité et sa vitalité créatrice. Il aura cependant la véritable révélation de sa vocation à Paris où il termine ses études avant d’être formé par son oncle. L’atelier de cet éminent restaurateur d’horlogerie ancienne est niché au cœur du quartier des artisans à Saint-Germain-des-Prés où une clientèle de qualité lui confie les plus belles collections. François-Paul Journe y découvre avec ravissement, les réalisations les plus marquantes de l’histoire de l’horlogerie et se plaît à refaire le cheminement intellectuel et philosophique de leurs concepteurs: hommes de sciences, inventeurs ou maîtres horlogers. Il pénètre dans les cœurs mécaniques de pièces d’exception, qui n’auront de cesse de faire battre le sien! Le jeune horloger découvre émerveillé, ce qu’il confirme encore aujourd’hui, être «l’âge d’or de l’horlogerie»: le 18e siècle. Abraham-Louis Breguet, Antide Janvier et quelques autres talentueux maîtres du temps lui offrent ses premières émotions. Fasciné parce que ces hommes avaient pu réaliser avec les moyens dont ils disposaient, il entame la construction de sa première montre de poche à tourbillon à l’âge de vingt ans.
Il offre tout son temps à une passion, qui deviendra sa plus fidèle compagne. Son besoin d’indépendance le pousse à ouvrir son atelier d’horlogerie à la rue de Verneuil où il reçoit la visite de collectionneurs avertis qui font appel à lui pour la réalisation de pièces uniques. Il saura rendre hommage à l’histoire de l’horlogerie en poursuivant la recherche et en créant des pièces dont l’authenticité et les innovations techniques respectent l’éthique des grands maîtres.
Les plus grands prix horlogers à travers le monde lui sont décernés et le confortent dans le travail et les recherches qu’il effectue en solitaire. Bientôt les grands noms du luxe et de la scène horlogère le sollicitent pour le développement et la réalisation de calibres novateurs. Ainsi il conçoit et réalise: pendules mystérieuses, pendules sympathiques et mécanismes subtils pour des objets uniques.
Une demande croissante le motive à créer en Suisse, une manufacture pour la conception de mouvements destinés aux marques. Il met alors au service de l’industrie, ses connaissances historiques et techniques d’horloger-constructeur. Son désir intime est cependant de pouvoir un jour proposer à un public plus large, des garde-temps contemporains dont l’interprétation technique pourrait se targuer d’être authentiquement novatrice. Chacune des pièces uniques que François-Paul Journe inventait, était le fruit d’un travail de recherches, qu’il voyait disparaître lorsque le commanditaire prenait possession de sa montre. Il se mit alors à rêver d’une collection de montres offrant les mêmes qualités (confort, innovations et performances) mais pour un plus large public!
En 1994, François-Paul Journe mit sur papier sa vision de l’horlogerie contemporaine et présenta en 1999 sa collection de chronomètres signés F.P.Journe Invenit et Fecit- en latin, il dut adapter son savoir-faire de façonneur sur mesure au processus d’industrialisation et décortiquer les mouvements qu’il inventait, afin que chacun de leurs composants puisse êtres fabriqués selon ses propres exigences. Sa démarche inventive, intellectuelle et créatrice reste identique que lorsqu’il était artisan, seule la mise en forme change considérablement, avec plus d’intervenants.
1- Que représente pour vous le Grand Prix d'Horlogerie de Genève ?
2- Pourquoi avez-vous accepté d'être membre du jury ?
3- Qu'est-ce qui fait à vos yeux la valeur d'une montre ?
1. Le grand prix de Genève devra rester la meilleure récompense internationale et défendre les vraies valeurs de l'horlogerie et cela avec indépendance.
2. Je n'ai pas accepté d'être membre du Jury, je le suis pour la 2e fois car c'est la règle lorsque l'on gagne l'aiguille d'or. L'idée est que le gagnant soit hors concours pour une année, place aux autres!
3. Au moins trois conditions sont nécessaires pour qu'une montre ait de la valeur et la conserve avec le temps. Il faut que la marque qui la produit soit reconnue. Ensuite, la montre doit être innovante et bien faite. Finalement, le prix de vente doit être juste et la quantité fabriquée raisonnable.
En tant que Jury je privilégie toujours une montre ayant un mouvement exclusif. N'oubliez pas que c'est le Grand Prix d'horlogerie et non pas le Grand Prix de la montre.