
Tribune de Genève - 24 février 2011
Gabriel Tortella "Les propos de Gabriel"
J’ai reçu, mardi, un appel téléphonique de Venise qui m’a fait très plaisir. Au bout du fil, Frédéric de Narp, que je connais depuis longtemps et qui n’a pas hésité à interrompre quelques minutes ses vacances pour s’entretenir avec moi. C’est un personnage direct, sans détour, qui s’exprime avec une grande clarté. Il préside, depuis janvier 2010, aux destinées de Harry Winston, comme président et CEO. Il faut l’écouter s’enflammer littéralement lorsqu’il évoque l’avenir de cette maison qui est la quintessence du luxe le plus absolu.

Frédéric de Narp. Il est président et CEO d’Harry Winston depuis janvier 2010. © Massimo Sestini
Ce Breton d’origine, qui vit à New York, avec sa femme, Anne-Sophie, et leurs six enfants, s’est formé dans la meilleure des écoles, celle de Cartier. Il y a passé dix-neuf ans, avec beaucoup de plaisir me confie-t-il, apprenant peu à peu les rudiments du métier, de simple vendeur jusqu’au poste de président directeur général de Cartier pour l’Amérique du Nord, en 2005. C’est aussi un homme qui a beaucoup voyagé dans le monde entier et qui a vécu au Japon de 1991 à 1996. Frédéric de Narp a, bien sûr, quitté avec regret Cartier et Bernard Fornas, qui fut un de ses maîtres à penser, et dont il avait fait la connaissance alors qu’il avait 18 ans et faisait un stage chez Guerlain. Mais Bob Giannicott, le président de Harry Winston Diamond Corporation, réussit à le persuader de franchir le pas. Au passage, Frédéric de Narp rend hommage au fondateur, Harry Winston, décédé en 1978, ce génie à l’état pur et ce grand visionnaire, doté d’un immense talent. Ce qui fait qu’il se sent comme un poisson dans l’eau au sein de cette maison qui cultive l’exclusivité dans le domaine de la joaillerie, quand bien même, estime-t-il, la notion de luxe soit beaucoup galvaudée, d’une façon générale. Jusque dans le choix des matériaux, un sujet rarement évoqué, mais qui chez Harry Winston ne se traduit que par or, platine et zalium. Pour les montres compliquées, comme la collection Opus par exemple, plusieurs grands maîtres horlogers sont mis en compétition. Et c’est toujours le meilleur, jusque dans les moindres détails, qui l’emporte.
J’en suis sûr, Frédéric de Narp, si perfectionniste, si sensible, et qui a un grand cœur, maintiendra Harry Winston à son top niveau et le portera même vers de nouveaux sommets.
Chez Zenith, un nouveau tandem vient de voir le jour. Jean- Frédéric Dufour s’est en effet associé à Alain Thébault, l’homme du fameux hydroptère qui a pulvérisé les records de vitesse, allant deux fois plus vite que le vent qui poussait alors ce voilier volant. Une association judicieuse car Zenith va, lui aussi, plus vite que le vent, à sa façon. Chapeau à tous deux! G.T.

Alain Thébault et Jean-Frédéric Dufour. © Zenith

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