
Tribune de Genève - 3 février 2011
Gabriel Tortella "Les propos de Gabriel"
Comme chacun sait, Montblanc fabrique certes de très beaux stylos dont l’excellence est reconnue dans le monde entier. Ce sont de véritables œuvres d’art, sans cesse renouvelées au fil des années. Ce n’est pas sans raison que cette maison prestigieuse a été dirigée, un temps, par Norbert Platt, avant qu’il ne soit nommé grand patron du groupe Richemont. Il est désormais remplacé par Lutz Bethge, un Allemand bon teint, présent dans la maison depuis une vingtaine d’années et qui a gravi les échelons un à un jusqu’en 2007, année où il fut nommé CEO. Il connaît donc la musique! Et il est assisté par Jean-Marc Pontroué, son fidèle bras droit. Né à Hanovre, diplômé de l’Université libre de Berlin, Lutz Bethge est marié et a deux enfants. Si par hasard, vous l’avez un jour à votre table, sachez que ce grand sportif apprécie les bons vins, les Bordeaux et les Rioja en particulier. Affichant toujours un calme olympien, c’est un grand diplomate à l’efficacité redoutable. Comme tous les grands patrons de Richemont, en somme.

Lutz Bethge. Avec son calme olympien. il dirige Montblanc d'une main de maître. DR
Mais je veux vous parler aujourd’hui de l’autre produit phare, les montres, qui elles aussi se portent très bien, Dieu merci! Je rappelle qu’au Locle, ce sont quelque 100 000 montres qui sont produites par année, dont la fameuse Nicolas Rieussec, en hommage à l’inventeur du chronographe, en 1821. Mais en plus, Montblanc n’a pas hésité à racheter, en 2007, Minerva à Villeret. C’est dans cette manufacture, qui a plus d’un siècle et demi d’existence, que la maison produit d’autres montres, haut de gamme, très compliquées, à l’esthétique soignée. De vrais bijoux qui sont réalisés de A à Z, à quelque 350 exemplaires annuellement, par une cinquantaine de collaborateurs, bien soudés. Le travail est supervisé par Dimitri Cabidu, le directeur de Minerva. Ce très fin connaisseur de la montre est un grand travailleur qui se double d’une fidélité à toute épreuve envers la marque. Quant aux prix, sachez qu’ils sont, somme toute, raisonnables: de 25 000 à 250 000 euros, ça dépend de ce qu’il y a dedans. Pour les avoir examinées, je peux vous dire que tout est vraiment d’une qualité supérieure. A couper le souffle !
Hublot ouvre des maisons à tour de bras. J’en ai compté pas moins de douze ces prochains mois. Je vous cite juste New York, la semaine prochaine, mais il y a aussi à l’horizon Beverly Hills, Chicago et, en mai, Pékin. Sacré Jean-Claude Biver, quand il fait quelque chose, il le fait vraiment à fond.
François-Paul Journe n’est jamais à court d’idées. Il en lance plusieurs, même, par jour. C’est donc très agréable de discuter avec lui. J’ai eu la chance de voir un nouveau modèle qui va faire parler de lui. Il est vraiment entièrement nouveau par sa boîte et son bracelet, mais aussi, et surtout, par son mouvement. Vartan Sirmakes prépare, lui aussi, pour l’automne prochain, une montre incroyable.
Pierre Jacques, vous le savez, vient de prendre la direction de De Bethune, cette maison qui fait des montres haut de gamme. Et dès son arrivée, il a souhaité que soit produite une montre plus accessible, à un peu moins de 30 000 francs. Souhait déjà exaucé! Quant aux Ambassadeurs de Genève, ils sont toujours sans capitaine. G.T.

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