
Tribune de Genève - 23 septembre 2010
Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"

Benoît de Gorski et sa fille Constance. Un duo parfait. DR
En premier lieu, je cite bien sûr Benoît de Gorski, le grand patron. Je le connais depuis tellement d’années qu’il me semble, finalement, qu’il a toujours été là, exerçant son métier de joaillier avec la créativité et la minutie dans la réalisation que tout le monde lui reconnaît. Il est tellement connu qu’il réussit même ce tour de force d’avoir une belle clientèle locale, réputée pourtant être très exigeante. Certes, les clients étrangers, provenant de nombreux pays, dont la Chine en premier lieu, et de passage à Genève sont très importants. Mais il faut prendre garde, comme disait ma grand-mère, à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Nous avons tous en mémoire, encore, ce qui s’est passé avec la clientèle du Golfe, qui s’est aujourd’hui volatilisée. Ce phénomène, Benoît de Gorski l’a parfaitement compris dans sa grande sagesse. Cet éternel jeune homme d’une soixantaine d’années est toujours égal à lui-même, ce qui est déjà une très grande qualité. Il est aussi toujours en mouvement, ce qui constitue non pas un reproche mais un grand compliment. Loin d’être un agité, à force de travail acharné, car l’inspiration seule ne suffit pas, vous le savez bien, il réussit à créer, sans aucune aide, des bijoux merveilleux et uniques, qui enchantent sa clientèle, de plus en plus large. Car il a bien compris aussi qu’il ne fallait jamais s’endormir sur ses lauriers, mais être toujours sur le qui-vive, bien éveillé comme tous les grands créateurs. Conscient qu’il vend non pas de simples «pierres» mais ses créations, sur la réalisation desquelles il a veillé avec un soin quasi amoureux. Je sais aussi que c’est un artiste complet, qui peint et qui collectionne également des pièces antiques.
Enfin, je me dois de vous signaler encore une de ses autres grandes qualités. Benoît de Gorski est certes un très bon vendeur, un des meilleurs qu’on n’ait jamais vus. Mais il fait aussi montre d’une grande fidélité, tant en amitié que dans le choix des marques qu’il représente. C’est le cas avec Bedat, Ebel, Parmigiani et, bien sûr, Hublot. Vous savez que pour cette grande marque, il n’a pas hésité à ouvrir une boutique en nom propre, tout près de la sienne, à la rue Céard.
Avec un tel faisceau de qualités, ses enfants ne pouvaient que marcher sur ses traces. Son fils, Alexandre, est avocat. Sa fille, Constance, qui travaille à ses côtés depuis l’âge de 20 ans, est aujourd’hui directrice de la boutique de Gorski, à la place des Bergues. Grâce à son père et à son désir illimité d’apprendre, elle connaît désormais son métier sur le bout des doigts. Et en peu de temps, elle a su redonner une nouvelle vie à cette boutique située dans un très bel emplacement. Je dois vous préciser qu’elle est aussi très belle de sa personne, ce qui, à mon avis, ne gâte rien. Au contraire. Et en vraie fille de son père, elle a déjà embauché sa propre fille, Aurélia. Quant à l’épouse de Benoît de Gorski, vous demandez-vous, eh bien elle dirige, avec autant de discrétion que d’efficacité, la boutique Benoît de Gorski de Gstaad.
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