
Tribune de Genève - 2 septembre 2010
Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"
Richemont sait très bien choisir ses hommes. Johann Rupert, qui pilote son groupe dans l’ombre, agit toujours en connaissance de cause. Je veux vous parler aujourd’hui de la nomination d’Alain Zimmermann comme CEO de Baume & Mercier. J’ai eu le bonheur de déjeuner avec lui lundi dernier et je dois avouer que, dès le premier contact, cet Alsacien d’origine m’a paru sympathique en diable.

Alain Zimmermann. Le nouveau CEO de Baume & Mercier possède bien des qualités. © François Ferrand
Il ne s’est pas formé tout seul. Il a grandi aux côtés de Georges Kern. Ce qui ne l’a pas empêché, pour compléter sa formation, de partir dans une banque privée. Mais le grand patron d’IWC n’a pas hésité à aller le chercher à nouveau en lui disant que son destin était tout tracé dans l’horlogerie. Le voilà donc promu Chief Marketing Officer d’IWC, avant d’être nommé, il y a juste un an, Chief Executive Officer de Baume & Mercier.
A table, on ne s’ennuie pas du tout avec lui. Certes, il ne dit jamais deux mots n’importe comment, mais il a un sens de l’humour incroyable. Travailleur infatigable, il veut dynamiser toujours plus cette marque mais aussi la faire mieux connaître, estime-t-il. Il faut voir son regard briller comme des lumignons lorsqu’il raconte comment il a retrouvé un témoin privilégié de la marque, Mme Simone Gaudard, l’arrière petite-fille de Célestin Baume, l’un des membres de la dynastie horlogère Baume, dont j’ai l’élégance de ne pas vous révéler l’âge.
Entre deux voyages, Alain Zimmermann se ressource auprès de son épouse allemande et de leurs deux filles. Bon vivant, il s’y connaît comme personne dans les grands crus, j’ai pu le vérifier. Je suis sûr que, professionnellement, il fera merveille. Georges Kern et Johann Rupert ne peuvent que se féliciter de leur choix.
Les premières heures de la matinée peuvent être propices aux confidences. Je me suis fait réveiller pratiquement par
Philippe Léopold-Metzger, un homme qui connaît très bien son métier, et en dégustant un espresso, il m’a confié qu’il allait faire une année extraordinaire. «Le travail de toute mon équipe est enfin récompensé», m’a-t-il confié. Il s’apprête aussi à se rendre à la très huppée Biennale des antiquaires, à Paris, où il a voulu que sa marque soit désormais présente.
C’est incroyable. La boutique Patek Philippe, en ville, ne désemplit pas. Il y a certes quelques curieux, mais les acheteurs sont encore plus nombreux. Et pourtant, cette prestigieuse maison ne fait pas de rabais. Thierry Stern , en digne fils de son père, est en train de consolider la marque sur le plan mondial. Tout en douceur, ce qui fait que les gens cultivés ne se sont même pas aperçus que leur montre avait, en quelque sorte, changé de tête.
François-Paul Journe ne s’est pas contenté de mettre en place une nouvelle stratégie. Il s’assure aussi que ses directives sont appliquées sur le terrain grâce à son équipe de confiance qui fait le tour du monde et contrôle tout, faisant même la chasse aux rabais.
Un homme incontestablement heureux, c’est Bernard Fornas, le grand patron de Cartier. Il vient de rentrer d’un tour du monde, la serviette pleine de commandes. Il y a bien une justice en ce monde.
Olivier Laurian, de Jaeger-LeCoultre, quitte Genève. Jérôme Lambert n’a pas hésité à se séparer de celui qu’il considère comme un de ses meilleurs poulains pour l’envoyer au Japon où cet homme très intelligent dirigera la marque.
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