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Felix Baumgartner

14.03.10, 06:31

BASELWORLD - Compte à rebours: Urwerk

Pendant neuf jours, vous allez découvrir les souvenirs et les petits secrets bâlois des CEO horlogers. Aujourd’hui, Felix Baumgartner, cofondateur d’Urwerk.


WORLDTEMPUS – 14 mars 2010

Propos recueillis par Mathilde Binetruy

Il y a un certain atavisme familial chez Felix Baumgartner. Petit-fils et fils d’horloger, il a grandi au son des répétitions minutes, l’ancre amarrée au monde mécanique mais paradoxalement apatride. Cofondateur de la marque Urwerk avec Martin Frei, il a toujours préféré l’indépendance à la nidation dans un grand groupe. Le chemin satellite, c’est aussi son leitmotiv dans la création de ses complications qui déjouent l’a priori acerbe à l’encontre des modèles avant-gardistes. Mine de rien, discrètement, l’horloger mixe sa carrière derrière les platines.

Felix Baumgartner. DR
Felix Baumgartner. DR




Mathilde Binetruy: Quel souvenir gardez-vous de votre premier salon horloger?
Felix Baumgartner: J’avais 22 ans et je venais tout juste d’intégrer l’Académie horlogère des créateurs indépendants - AHCI. Je présentais la première création Urwerk, la UR-101. J’étais hyper fier et en même temps assez impressionné. Il fallait aller à la rencontre des gens, défendre sa création, convaincre. Moi qui suis de nature assez timide, je me suis jeté à l’eau sans vraiment savoir nagé. A Bâle, en 1997, j’ai donné ma toute première interview. C’était Isabelle Cerboneschi qui, pour le Nouveau Quotidien, était venue humer les tendances du moment. Un grand moment! J’ai découpé l’article une fois paru et je le garde encore religieusement. C’était le tout début.

Comment appréhendez-vous ce rendez-vous annuel?
C’est un point de rencontre. Toute l’année, nous sommes «cachés» dans nos ateliers. S’il y a un moment où nous sommes disponibles et accessibles pour les amateurs d’horlogerie, c’est bien à Baselworld. Si aujourd’hui Urwerk a son propre stand à Bâle, je passe toujours sur le stand de l’AHCI. Nous nous présentons nos dernières créations entre «confrères». Nous nous donnons des conseils, commentons nos projets respectifs.

Combien de jours restez-vous sur place?
C’est très variable mais j’avoue avoir du mal à tenir toute une semaine. L’atelier me manque.

Péniche ou hôtel?
J’ai la chance d’avoir de la famille dans la région c’est donc presque home sweet home.

Votre moment du salon préféré?
Le dernier rush avant l’ouverture du salon. Réviser sa pièce une dernière fois pour être sûr, archi-sûr que tout est prêt. Le sentiment que l’on est prêt se fortifie en nous. Et puis le top est donné, on peut y aller la tête haute.

Et le pire?
A chaque exposition, nous nous remettons en question.

Votre truc contre le stress?

Etre entouré de l’équipe Urwerk. Nous passons le plus clair de notre temps ensemble. Ça crée des liens solides.

Comment réussir son salon?
Avec simplicité. Nous sommes quatre personnes à nous relayer sur le stand. Chacun de nous a à cœur de présenter Urwerk sous son meilleur jour, à savoir une maison horlogère sérieuse et à taille humaine. Nous avons du plaisir à créer, il faut que cela se ressente.

L’écueil à éviter?

Penser que tout est acquis. Regarder les plus petits - parce qu’il y a toujours un plus petit que soi - avec hauteur voire arrogance. On est tous passés par la même case départ en étant inconnu et ayant tout à prouver.

Quid d’une interview réussie?

C’est un dialogue. Si la personne qui vous fait face est là pour échanger, l’interview sera réussie. J’ai eu de super moments avec des journalistes débutants et des moments de profond ennui avec de soi-disant pontes du milieu. L’envie doit être là, c’est 90% d’une interview réussie.

Pourquoi n’avez-vous plus de temps pendant Baselworld?
A Bâle, j’ai parfois l’impression d’être un enfant dans un magasin de bonbons mais de ne pas avoir le droit d’en manger. Je suis horloger alors pour moi Bâle, c’est un peu un Luna Park annuel. J’essaie de me garder des moments pour aller voir des amis, des collègues, des nouveautés dont j’ai eu vent. Je veux garder les yeux ouverts et encore me laisser surprendre. Alors oui, Baselworld c’est la course.

Le stand qui vous interpelle?
L’AHCI, naturellement.

Votre année millésime?
2005, nous présentions l’Opus 5 à Baselworld. J’ai découvert un nouvel univers. Etre présent à Bâle avec l’infrastructure d’Harry Winston pour vous épauler, ça laisse un souvenir impérissable.

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