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Dominique Loiseau © Worldtempus/David Chokron

20.01.12, 18:35

GIRARD-PERREGAUX - Dominique Loiseau: «Nous allons créer un formidable V12»

#wtsihh | Horloger aussi génial que méconnu, Dominique Loiseau est venu renforcer la recherche et le développement au sien de la manufacture. Il raconte son parcours et ses projets à Worldtempus.



Worldtempus – 20 Janvier 2012

David Chokron


C’est un homme peu connu du public et pourtant. Dominique Loiseau a inventé quelques-unes des montres les plus compliquées de l’horlogerie contemporaine. Parmi elles, la Rose des Temps d’Omega, la 1735 de Blancpain et sa dernière création, 1f4, une montre de poignet réversible de très haute complication. A l’occasion de son nouveau mandat au sein de la manufacture Girard-Perregaux, il sort de l’ombre.

Dominique Loiseau sur le stand Girard-Perregaux durant le SIHH. © Worldtempus/David Chokron
Dominique Loiseau sur le stand Girard-Perregaux durant le SIHH. © Worldtempus/David Chokron



Restaurateur


Formé à la défunte Ecole d’Horlogerie d’Anet, en France, il lorgne vers la Suisse comme vers un Eldorado. «Mais en 1970, les suisses étaient étonnés que nous rêvions d’y aller travailler. Le quartz était déjà une menace», explique-t-il. En 1973, il gagne le concours du Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds. Il y exerce comme restaurateur de pièces anciennes, sa spécialité, et comme professeur. En 1976, il ouvre un atelier de restauration à Neuchâtel, où il travaille entre autres sur un automate de Jaquet Droz. «Mais la restauration est une frustration. Il faut toujours respecter le style d’un autre. C’est de la quasi-copie». En 1981 sort donc sa première création, la Renaissance. Une montre de poche à tourbillon, répétition minutes, quantième perpétuel à équation du temps, lever et coucher du soleil. «Après avoir fait le tour du monde avec, nous l’avons vendue 450 000 Frs, une véritable fortune pour l’époque».

Omega

Il rencontre alors Paul Peter, alors CEO d’Omega. «Il m’a dit qu’il voulait faire la montre de table la plus compliquée au monde. Il m’a donné carte blanche mais je devais impérativement la livrer au bout d’un an». C’est ainsi qu’est née la Rose des Temps, une horloge de grand format. Elle s’ouvrait et se fermait toutes les demi-heures, comportait 16 modules, 32 complications donc un carillon à 6 cloches. «C’était un travail totalement artisanal, je n’ai pas fait de plans. Je façonnais les pièces à mesure que j’en avais besoin». Elle comportait également un travail de gravure de grande importance, en partie exécuté par Dominique Loiseau. «Elle a fait l’effet d’une bombe. L’horlogerie mécanique n’était donc pas morte. La pièce devait rester dans le musée Omega, mais il a fallu la vendre. En 1985, le Sultan de Brunei l’a achetée pour 4,9 millions de Francs!» s’exclame-t-il.

 

La Rose des Temps d’Omega et le livre qui lui a été consacré. DR
La Rose des Temps d’Omega et le livre qui lui a été consacré. DR



Blancpain

En 1989, il est contacté par Jean-Claude Biver qui est en train de relancer Blancpain. Après avoir parcouru la gamme des complications une à une, il avait décidé de les intégrer toutes dans une seule montre. Ce sera la 1735, montre de poignet qui est longtemps restée la plus compliquée du monde, et la plus chère. Tourbillon, répétition minutes sur timbres carrés, chronographe à rattrapante, quantième perpétuel, remontage automatique, elle logeait tout dans 42 mm de diamètre. C’est là qu’il a rencontré Michele Sofisti, aujourd’hui CEO de Girard-Perregaux.

 

La 1735 de Blancpain, montre de poignet la plus compliquée du monde en 1992. © Antiquorum
La 1735 de Blancpain, montre de poignet la plus compliquée du monde en 1992. © Antiquorum



1f4 et Girard-Perregaux

En 2003, il reprend son indépendance et se lance dans un nouveau projet, qui n’a abouti qu’en 2011: la 1f4. «La 1735 était un aboutissement. A volume égal, on ne pouvait pas plus. Pour garder la lisibilité, j’ai fait une montre réversible avec un rotor annulaire périphérique. Ça m’a pris huit ans, c’est une architecture diabolique». Il continue à travailler à la production de ce modèle superlatif, à raison de deux exemplaires par an. C’est le rythme de la production d’une grande sonnerie à tourbillon volant, quantième perpétuel et chronographe à rattrapante, GMT, réversible et au remontage automatique par masse annulaire. En parallèle, il entame sa nouvelle mission chez Girard-Perregaux. «Avec Michele Sofisti, nous allons essayer de créer un formidable moteur horloger équivalent à un V12 dans l’automobile; dont on pourra tirer un V8, un V6 ou un V4. Ce sera un calibre grand, visible, qui fera corps avec la boîte. Ce devra être un spectacle, avec de nouvelles pistes pour l’affichage et de la complexité.» Impossible d’en savoir plus. Il faudra donc attendre, encore, que Dominique Loiseau produise un nouveau miracle horloger.

 

La 1F4, nommée ainsi en référence à la case d'un jeu d'échec, intègre une grande sonnerie à tourbillon volant, quantième perpétuel et chronographe à rattrapante, GMT, réversible et au remontage automatique par masse annulaire. © 1F4
La 1f4 de Dominique Loiseau, 32 complications dans un boîtier réversible de 45 mm. © Dominique Loiseau © 1F4

   

 

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