
Tribune de Genève - 21 novembre 2011
Jean-Daniel Sallin

Le Grand Théâtre, samedi soir. © Pierre Albouy
Il y a plusieurs façons de parler d’une montre. On peut la comparer à «un ovni» tant son design est futuriste (Urwerk). Ou alors à «un jouet» lorsqu’on s’amuse à y glisser un éléphant dans le cadran (Boucheron). Présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey préfère le terme de «chef-d’oeuvre». «J’ai été émerveillée par tant de créativité», at- elle admis dans son discours venu clore le XIe Grand Prix d’Horlogerie.

Micheline Calmy-Rey. © Pierre Albouy
Carlo Lamprecht, lui, a d’autres rêves: voir l’horlogerie promue au rang d’art. Le douzième. «Un chiffre qui lui irait bien, explique-t-il. Le 12 n’est-il pas le point d’apogée du jour et de la nuit dans nos vies?» Président de la Fondation, l’ex-conseiller d’Etat a réussi son baptême du feu. On a rangé les plumes, les paillettes, on a invité quelques personnalités (Frédéric Diefenthal, Kerstin Cook, Stanislas Wawrinka, Nicolas Bideau) pour lire le palmarès et on a opté pour un ton plus solennel. Sans fanfaronnade.

Alexandre Axarlis, Stanislas Wawrinka et Nicolas Kappenberger (Audemars Piguet). © Pierre Albouy
Alors que la crise économique mine le moral des Européens, l’horlogerie suisse vit «une année record en termes d’exportations». Il est question d’excellence, de pérennité, de prestige et de valeurs…
Mais, sur le toit de ce monde souffreteux, personne n’a l’arrogance de se croire intouchable. Surtout pas! Au moment de venir chercher leur prix, beaucoup auront donc une pensée, un mot, pour ces artisans de l’horlogerie, ces «petites mains» anonymes, dans les manufactures, qui insufflent la vie à toutes ces montres. Une base, saine, qui permet de garder les pieds sur terre et de ne pas perdre le sens des réalités…

Max Busser et Denis Giguet. © Pierre Albouy
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