
24Heures - 15 février 2011
Patrick Wurlod
La colère gronde à Garmisch, où des erreurs de chronométrage ont émaillé la première semaine de compétition. Après les soucis de temps intermédiaires et les ratés des panneaux d’affichage de l’aire d’arrivée, l’équipe d’Italie a contesté le chrono de Christof Inner-hofer, 3e de la descente samedi. Selon La Gazzetta dello Sport , un recours a été déposé, avant d’être rejeté par la FIS. Explications de Jean-Claude Biver, CEO de Hublot, sponsor chronométrage de ces Mondiaux.

Malgré l’omniprésence du nom de Hublot à Garmisch, son patron précise qu’Alge Timing gère seul le chronométrage. © Keystone
Patrick Wurlod: Jean-Claude Biver, pouvez-vous préciser la nature du contrat qui vous lie à la FIS?
Jean-Claude Biver: Il y a deux ans, nous avons signé un contrat de sponsoring chronométrage de longue durée, qui court jusqu’en 2015. Je n’entre pas dans le détail, mais il est spécifié que l’infrastructure chronométrage n’est pas de notre ressort, mais de celui de la FIS et des organisateurs. Sponsor, nous n’avons le choix ni du lieu de compétition, ni du choix de la piste, ni de quelles lignes électriques il faut placer. Vous évoquez de nombreux désagréments, mais un seul est parvenu à mes oreilles.
Lequel, en l’occurrence?
On m’a parlé d’un problème de temps intermédiaire qui n’a pas fonctionné au passage d’une vingtaine de coureurs, en raison d’un court-circuit dans un tuyau. Où est le problème, puisque ce temps, pris après 30 secondes de course, est purement indicatif. Pour ce genre de précision à l’intention du public, il n’y a pas besoin de la même de la même précision absolue que pour les temps finaux. Il y a eu omission, pas erreur.
En quoi consiste votre sponsoring?
Nous apportons notre soutien à la FIS et aux organisateurs sur un plan financier. La FIS vend la possibilité à des marques d’apparaître comme sponsor lié au chronométrage. Le plus souvent à des marques horlogères, comme Hublot, Longines ou Rolex. Pour faire un parallèle, au niveau du foot nous apparaissons sur le tableau du 4e arbitre indiquant le temps additionnel. En ski, il ne nous incombe pas d’assurer le chronométrage. Ce n’est pas nous qui amenons cette technologie de pointe, posons les cellules, câbles et circuits électriques. Pour cela, il y a deux entités dominantes: Swiss Timing et, dans le cas présent, Alge Timing, qui sont payés et mandatés par la FIS.
Comprenez-vous, toutefois, qu’il puisse y avoir confusion?
Les gens savent que nous n’avons pas l’infrastructure pour assurer le chronométrage et ça ne nous intéresse pas de l’avoir. Hublot ne s’occupe pas d’électronique, de cellules, mais crée des montres à la main. Et même si nous étions demandeurs, le mandat ne nous aurait pas été attribué. La FIS travaille uniquement avec les deux fournisseurs cités.
Tout cela ne peut-il pas nuire à Hublot, avant le Salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie Baselworld?
Un problème de temps intermédiaires occultés pour 20 coureurs n’influencera pas ceux qui veulent s’acheter une montre qui leur plaît.
Hublot peut demander des dommages et intérêts à la FIS. Allez-vous le faire?
A ce que je sache, aucune erreur grave n’a été commise. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu aucun motif à déposer une plainte. Mais si des résultats sont faux, s’il doit y avoir des déclassements et qu’on l’apprend en juin, je réfléchirais à faire action.
Vos relations avec la FIS sont donc au beau fixe?
Oui. Le hasard a voulu que je sois à Garmisch dimanche, alors qu’Alge Timing tentait de s’expliquer. Je m’y rendais pour fêter Maria Riesch, notre ambassadrice. Là, je vais en Inde, d’où je suivrai l’évolution des choses à la TV. En espérant que si erreur il y a, ça favorise Cuche. Nous aurions au moins une médaille d’or.
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