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15.10.10, 16:59

GPHG - «Mon plus grand souhait, c’est que le Swatch Group participe»

Pierre Jacques, directeur de la société organisatrice de la manifestation, explique les transformations qu’il applique au concours et ses objectifs à terme.



WORLDTEMPUS – 15 octobre 2010

Propos recueillis par David Chokron

De toutes les compétitions et prix de l’industrie horlogère, le Grand prix d’horlogerie de Genève – GPHG - est certainement celui dont le rayonnement est le plus vaste. A côté de récompenses décernées directement par des magazines, il associe ville, canton et marques. Pierre Jacques en a été nommé directeur en mai 2009. Sa mission ? Faire évoluer le concours dans son organisation et sa nature afin d’en accroitre le rayonnement et la représentativité. A quelques jours de la tenue de la 10eme édition, il répond à nos questions sur les changements en cours et comment il entend affirmer la légitimité de cette compétition.

Pierre Jacques, directeur du Grand prix d'horlogerie de Genève. DR
Pierre Jacques, directeur du Grand prix d'horlogerie de Genève. DR



David Chokron: Quel est votre rôle au sein du GPHG?
Pierre Jacques: Je suis le directeur de la société qui organise la manifestation. Je ne suis pas le président du jury du concours et je n’ai aucun rôle dans les délibérations.

Quelles sont les transformations récemment décidées?

Avant tout, nous voulons élargir la représentativité du Grand Prix d’Horlogerie de Genève. Nous continuons son internationalisation. En plus de Genève et Singapour, cette année le roadshow de présentation des montres présélectionnées comprend Paris et Zürich.

Quelles destinations aimeriez-vous ajouter à terme?

Nous aimerions nous arrêter à Shanghai, Abu-Dhabi ou Dubaï, donc une destination du golfe. Et bien sûr, il manque les Etats-Unis. Mais les questions de logistique, la durée de mise à disposition des montres par les marques et les procédures douanières sont autant de complications freinant ces projets.

Apportez-vous des changements au statut juridique du Grand Prix?
Nous allons passer du statut de société privée (ndlr: propriété du groupe Edipresse, éditeur de Worldtempus) à celui de fondation. C’est le rôle de Carlo Lamprecht, ancien Conseiller d’Etat du canton de Genève, que de superviser cette transformation. L’objectif est l’indépendance totale. Pour que le grand prix n’appartienne plus à personne, pour que l’indépendance du jury puisse être encore plus complète.

Le système de vote est-il un ingrédient de cette indépendance?

Nous avons surtout fait évoluer le jury. Il reprend l’essentiel des membres de l’édition précédente, avec l’arrivée entre autres de Ludwig Oechslin, Conservateur du Musée international d’horlogerie à La Chaux-de-Fonds, et Jonathan Betts, conservateur du département d’horlogerie du National Maritime Museum à Greenwich. Nous l’avons rendu plus éclectique, plus grand pour en faire un panel plus représentatif des intervenants de l’industrie. Il comprend moins d’éditeurs de presse pour leur éviter des conflits d’intérêt, plus aucun membre du groupe Edipresse et s’est largement internationalisé. Je pense aussi qu’il pourrait encore intégrer d’avantage de jurés.

Pouvez vous expliquer le fonctionnement du vote?
Le Grand prix d’horlogerie de Genève est ouvert à toute marque, quelle que soit son origine géographique. Elles soumettent des montres de manière libre qu’elles placent dans les catégories de leur choix parmi les 7 existantes. Puis, une première sélection du jury retient 10 montres par catégorie, soit 71 ou 72 à cause de quelques ex-æquo sur toutes les montres inscrites, et il y en avait plus de 300 cette année. Un second tour qui a lieu sur un site sécurisé et fait émerger les montres lauréates. Une réunion finale du jury a lieu la veille de la remise des prix pour confirmer définitivement les résultats.

En termes de catégories, pourquoi avoir créé la Petite Aiguille?
La Petite Aiguille récompense une montre de moins de 5’000 francs. Les montres lauréates du Grand Prix sont souvent des pièces coûteuses. Il nous fallait une montre plus populaire, plus abordable, pour laisser leur chance à des modèles de petite complication ou des trois aiguilles.

Des grands noms de l’horlogerie ne participent pas au Grand Prix. Comment comptez-vous les attirer?

Il est vrai que le Swatch Group, par exemple, ne se présente plus depuis maintenant 3 ans. C’est mon plus grand souhait, notre souci, de le voir revenir. J’avais pris rendez-vous au mois d’Août avec Nicolas Hayek, Président du Swatch Group, qui n’a pu avoir lieu pour la raison que vous savez – Monsieur Hayek est décédé le 28 juin dernier. Par décence envers Nick Hayek et Nayla Hayek ses descendants et occupant des fonctions dirigeantes dans le groupe, nous n’avons pas cherché à reprogrammer ce rendez-vous.

Rolex aussi est un absent de marque.
Rolex soutient le Grand Prix d’Horlogerie de Genève depuis sa création. La fondation Hans Wilsdorf (ndlr: propriétaire de la marque) nous apporte une garantie financière en cas de déficit et s’est donc retirée pour des questions de régularité. De toute façon, c’est la tradition de Rolex que de ne participer à aucun prix.

Le Grand Prix fête ses 10 ans. Faut-il s’attendre à un show particulier?
Cela a été un de mes objectifs, préparer une manifestation à la hauteur de cet anniversaire. Elle sera moins statique, plus animée, même si nous n’avons pas tout changé…

   

 

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