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© Worldtempus/Louis Nardin

14.07.10, 12:03

RICHARD MILLE – Miss Lola, reine de la piste

Le fondateur de la marque a piloté lui-même un bolide de 525 chevaux à l’occasion du Mans Classic. Portrait d’une panthère mécanique.


WORLDTEMPUS – 12 juillet 2010

Louis Nardin


Ses pneus Avon ont bouffé la piste. Ils en ont gardé des cailloux fichés dans leur chair noire et ventrue. La Lola T70 de Richard Mille sommeille maintenant sous sa tente du paddock numéro 5.

Performante et rapide, la Lola T70 numéro 33 est l'une des meilleures voitures de son plateau. © Worldtempus/Louis Nardin
Performante et rapide, la Lola T70 numéro 33 était l'une des meilleures voitures de son plateau. © Worldtempus/Louis Nardin

 

Télévision et vitres électriques

Fusée vintage, terrestre et noire de 1969, elle faillit ne jamais voir le bitume des circuits puisque le constructeur arrêtait son programme de développement à la même période, la privant ainsi de toute compétition. Pourtant, ce week-end, elle a rugi pour la 5ème fois à l’occasion du Mans Classic, une compétition d’amateurs réunissant uniquement des voitures ou des modèles ayant participé aux 24 Heures du Mans. Et dire que cette Lola avait un jour terminée déguisée en concept-car, avec télévision intégrée et vitres électriques sous la main de Giovanni Michelotti, un carrossier italien souhaitant créer une voiture d’avant-garde!

 Cette année, la Lola de Richard Mille portait le numéro 33. © Richard Mille
Cette année, la Lola de Richard Mille portait le numéro 33. © Richard Mille

 

Flèche mécanique

Ses mensurations donnent le ton avec un poids de 780 kilos pour puissance 525 chevaux à 7400 tours/minute grâce à un moteur de 8 cylindres en V de 5 litres, ce qui en fait une flèche capable de damer le pion à des concurrentes bien armées, comme la Ford GT 40 par exemple – d’ailleurs la première Lola du classement arrive à la seconde place cette année.

«Avec le temps et les évolutions technologiques tant au niveau des pneus que des liquides comme les huiles en particulier, des suspensions où des matériaux, nous avons su améliorer ses performances par rapport aux modèles d’époque, souligne Yvan Mahé, en charge de la Lola Richard Mille et fondateur d’Equipe Europe, un atelier spécialisé dans la préparation de modèles de courses historiques. La puissance du moteur a pu par exemple être augmentée d’environ 50 à 80 chevaux.»

Ami de Richard Mille depuis 15 ans, Yvan Mahé a la charge de préparer et d'entretenir la Lola. © Worldtempus/Louis Nardin
Ami de Richard Mille depuis 15 ans, Yvan Mahé a la charge de préparer et d'entretenir la Lola. © Worldtempus/Louis Nardin

 

"Un pilote doit se montrer agressif"

Après son passage en Italie, la Lola devient la propriété du collectionneur Simon Delautour qui lui redonnera son habit d’origine, une carrosserie en polyester couleur d’encre et qui, aujourd’hui, s’adapte au millimètre au châssis de la voiture – une exigence de perfection signée Richard Mille. Elle sera ensuite rachetée par Richard Mille qui l’inscrira systématiquement aux éditions du Mans Classic dont il est devenu l’un des sponsors les plus importants. Il a d’ailleurs dessiné un modèle de montre spécifique en l’honneur de la manifestation, en plus de versions spéciales de la RM 011 puis de la RM 010.

Les prises d'air et l'arrière de la Lola. © Worldtempus/Louis Nardin
Les prises d'air et l'arrière de la voiture. © Worldtempus/Louis Nardin


«Pour être rapide, un pilote doit s’entraîner souvent et savoir se montrer agressif, résume Yvan Mahé. Richard Mille a un bon coup de volant et possède cette agressivité. Ses résultats sont bons compte tenu de son emploi du temps qui l’empêche de conduire régulièrement.»

Les fortes similitudes entre les calibres des montres Richard Mille et les moteurs de compétition s'imposent d'elles-mêmes lorsqu'on observe celui de sa voiture. © Worldtempus/Louis Nardin
Les fortes similitudes entre les calibres des montres Richard Mille et les moteurs de compétition s'imposent d'elles-mêmes, en particulier lorsqu'on observe celui de sa voiture. © Worldtempus/Louis Nardin

 

Gardien de Lola

Entre les deux hommes, l’amitié est profonde et dure depuis 15 ans. «C’est en empêchant Richard Mille d’acheter, dans mon garage, une voiture qu’un marchand voulait lui faire passer pour un modèle original que nous nous sommes connus.» Depuis, Yvan Mahé veille avec dévotion sur la Lola, et les 18 autres que lui-même et son équipe de 32 mécaniciens bichonnent sur le plateau numéro 5, celui des bolides construits entre 1966 et 1971.

Richard Mille et Yvan Mahé, qui a également piloté sur l’une des trois manches, se sont classés à la 17ème place sur 77 inscrits.

 

Au total, la Lola 33 aura couru trois manches dont une de nuit. © Worldtempus/Louis Nardin
Au total, la Lola 33 aura couru trois manches dont une de nuit. © Worldtempus/Louis Nardin

   

 

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