L'Agefi - 13 avril 2010
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Depuis le tournant du nouveau millénaire, la part de l’horlogerie mécanique ne cesse de croître. Elle atteint désormais 71% de l’ensemble des exportations horlogères suisses, ressort-il d’une note de la banque Vontobel. Il y a dix ans, le quartz (analogique ou digital) représentait encore 52,4%. Et son importance va encore diminuer dans les années à venir, prédisent les spécialistes.
Malgré la présence de petits producteurs de mouvements mécaniques, comme Sellita, Swatch Group, via sa filiale ETA, s’arroge toujours la part du lion. Avec plus de 70% de la fabrication, selon Vontobel. Des estimations trop élevées selon nous. Lors d’une vaste enquête concernant cette industrie, L’Agefi était parvenu à une estimation de 55%, validée par de nombreux professionnels de la branche. Au-delà de cette divergence sur les chiffres, qui ne passeront toutefois pas inaperçus dans le cadre de l’actuelle enquête de la Commission de la concurrence, la banque n’en démontre pas moins l’immense importance d’ETA pour l’ensemble de l’industrie. Mais met aussi en exergue l’extrême dépendance du secteur à cette entité clé du numéro un mondial de l’horlogerie. Vontobel rappelle que très peu d’horlogers bénéficient d’une production entièrement verticalisée, comme Swatch Group, Patek Philippe, Audemars Piguet, Parmigiani, Girard-Perregaux, etc.

© L'Agefi
Le groupe Richemont, grand concurrent de Swatch Group, a consenti des investissements significatifs ces dernières années dans la production et quelques unes de ses marques sont verticalisées (Vacheron Constantin, Piaget, Jaeger-LeCoultre, Roger Dubuis). Toutefois, sa marque phare, Cartier, n’a initié ce processus qu’il y a peu. Au niveau du groupe, le recours à des tiers demeure d’ailleurs encore conséquent.
D’autres marques importantes, écrit toujours Vontobel, à l’instar de Breitling, Raymond Weil, Tag Heuer ou Bulgari dépendent également encore largement de tiers pour leurs mouvements. La banque, là aussi un rappel, estime que les mouvements sont un facteur de différenciation clé entre les marques. Certaines ont ainsi annoncé ces dernières années avoir lancé leur propre mouvement, comme Breitling, Hublot, Tag Heuer ou Bulgari. Mais, comme le démontre le graphe de la banque, l’indépendance, recherchée ou non, n’est encore pas pour demain. Et c’est un euphémisme. Vontobel estime toutefois que les marques vont continuer d’investir de manière significative ces prochaines années dans leur intégration verticale. Pour plusieurs raisons. D’abord comme outil marketing. Ensuite, parce que, début 2011, ETA cessera de livrer des ébauches de mouvements. Enfin, parce Swatch Group a clairement indiqué vouloir cesser de livrer des composants aux marques concurrentes. A l’exception peutêtre des clients fidèles, sérieux, historiques.
L’an passé, période de fortes turbulences pour l’horlogerie, les montres à quartz ont vu leurs volumes diminuer de 17,8%, tandis que les garde-temps mécaniques ont baissé de 13,4%. La taille des segments n’a pas beaucoup changé par rapport à 2008: les montres mécaniques ont représenté 71% de la valeur totale mais seulement 17% des volumes exportés.
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