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Stanislas de Quercize, CEO de Van Cleef & Arpels, et Jean-Marc Wiederrecht

28.01.10, 09:19

CRISE - Ce sont toujours les grandes marques qui sauvent l’horlogerie

Bilan réjouissant pour les marques qui exposaient à Genève la semaine passée.


Tribune de Genève
- 28 janvier 2010

Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"

Stanislas de Quercize, CEO de Van Cleef & Arpels, et Jean-Marc Wiederrecht
Stanislas de Quercize, CEO de Van Cleef & Arpels, et Jean-Marc Wiederrecht, horloger concepteur. © François Ferrand

 

Oui, la crise est vraiment derrière nous. C’est ce que vient de démontrer avec éclat cette vingtième édition du SIHH qui a été réussie en tous points. Y compris jusque dans son décor, toujours beau et très feutré. L’atmosphère ouatée qui y régnait a favorisé les échanges et jusqu’aux signatures de contrats importants. Merci Fabienne Lupo et Anne Bieler d’avoir si bien tout organisé.

Les dix-neuf marques présentes sont toutes satisfaites. Cartier tout d’abord qui a confirmé le grand succès de ses montres très haut de gamme et compliquées. Bernard Fornas explore ainsi depuis l’an passé de nouvelles voies avec la Ballon Bleu, tout en maintenant son niveau insurpassable en joaillerie. Il a très bien assuré cette transition toute en douceur et, juste récompense, il vient d’être nommé Homme de l’année par tout un pool de revues horlogères. On attend donc déjà avec beaucoup d’intérêt sa nouvelle complication. Par ailleurs, La Captive, plus simple, a suscité beaucoup d’intérêt.

De son côté, Juan-Carlos Torres, de Vacheron Constantin, a réussi un excellent travail en présentant cette fois-ci une belle montre extraplate, légère comme une plume. Une très belle pièce digne de cette maison historique qui n’a pas moins de 250 ans. Et qui, le temps du salon, est même arrivée à 600 ans, me confie Juan-Carlos Torres qui avait invité un artisan japonais spécialiste de la laque, le digne représentant de la maison la plus ancienne du pays qui aligne fièrement ses 350 ans. Un Juan-Carlos Torres qui mène sa maison de main de maître, comme un chef d’orchestre attentif à ce que tout son équipage progresse dans la même voie.

Philippe Léopold-Metzger, à la tête de Piaget, n’a pas arrêté de faire rêver les amateurs d’art et les mélomanes, avec ses toutes dernières créations qui évoquent le monde de la musique et plus particulièrement du piano. Tout le salon en a parlé! Du coup, j’ai eu du mal à retenir ma femme qui, pianiste, voulait tout acheter. Mais la vraie classe ne s’achète pas, n’est-ce pas? Je vous signale aussi qu’Audemars Piguet vient de produire un Tourbillon Chronographe Royal Oak Offshore avec un mouvement conçu et fabriqué maison et une réserve de marche de 237 heures. Un très beau travail.

Et Jérôme Lambert, avec le sérieux qu’on lui connaît et son extrême exigence sur la qualité, nous a régalés de deux mouvements très compliqués, bien dans la tradition de Jaeger-LeCoultre.

Chez IWC, Georges Kern nous a offert de très belles échappées poétiques dans ses salons d’exposition qui s’apparentaient à un grand yacht très confortable. C’est tout juste si, tout autour, les poissons n’avaient pas remplacé les montres. Quant à Richard Mille, le petit dernier, il a réussi à vendre presque toute sa collection,

Tous les stands, chacun dans leur genre, étaient réussis à des degrés divers, mais je vous avoue que celui de Van Cleef Arpels m’a vraiment enchanté. Une ambiance faite d’élégance et de créativité typiquement parisiennes, que l’on doit à Stanislas de Quercize, cet homme de goût, de culture et de classe, qui a réussi en quelques années à remettre cette grande maison sur pied. Il vient de produire, entre autres, une montre très délicate à réaliser, faisant voir deux amoureux partant à la rencontre l’un de l’autre, au fil des heures, sur un pont. Une merveille de complexité et de poésie due au grand horloger Jean-Marc Wiederrecht, véritable Prix Nobel de sa profession.

En outre, ce week-end à Paris, Van Cleef Arpels présente sa nouvelle collection de haute joaillerie baptisée Papillons. Un très bel ensemble qui vaut la peine d’être vu même si vous ne comptez pas l’acheter. Après, vous aurez vous aussi envie de voler.

Juste un mot, en conclusion, de mon ami François-Paul Journe, qui vient de recevoir le Prix de Création pour son Chronomètre en tantale qui est en train de faire un malheur. Comme un souverain qu’il est effectivement, il a reçu avec faste tous ses clients qui deviennent vite avec lui des amis, dans son beau bâtiment historique de la rue de l’Arquebuse. Des clients qui, fascinés et vite conquis par ses créations, n’avaient qu’une préoccupation en tête: savoir quand ils seraient livrés. Je me suis laissé dire qu’il comptait embaucher des horlogers expérimentés. Enfin, je ne saurais oublier Jean-Claude Biver, le patron de Hublot, qui m’a confié qu’il avait réalisé 54,6 millions, ni plus ni moins, alors qu’il faisait bande à part au Swissôtel Métropole. Tandis que mon ami Jean-Frédéric Dufour, de Zenith, a fait dans les 30 millions, avec son sourire angélique.

Enfin, je puis vous dire que les bruits qui courent concernant Franck Muller sont totalement faux. Vartan Sirmakes se porte bien, il a réduit les frais d’une façon drastique, ne conservant que les bonnes plantes, et les nouveaux modèles qu’il a récemment mis sur le marché sont très demandés, ses clients lui faisant plus que jamais confiance.

 

 

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Gabriel Tortella © Tribune de Genève

 

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