
WORLDTEMPUS - 20 janvier 2010
Michel Jeannot

La Laureato à quartz © Girard-Perregaux
Dans le monde feutrée de la haute horlogerie, il y a un mot qu’il est malvenu de prononcer : quartz. Ce quartz de sinistre mémoire a mis à genou l’horlogerie suisse dans les années 70/80 (lui faisant perdre les 2/3 de ses emplois) avant qu’elle n’orchestre son renouveau dans les années 90 par l’horlogerie mécanique haut de gamme. Réceptacle ultime de cette horlogerie de prestige, le SIHH de Genève voit cette année Girard-Perregaux faire un pied de nez à l’histoire. Par le modèle Laureato qu’elle présente en une édition limitée de 40 exemplaires, la manufacture de La Chaux-de-Fonds rappelle le rôle de pionnier qu’elle a joué dans le développement des montres-bracelets à quartz et, surtout, son esprit d’indépendance, préférant à l’époque réaliser seule ses recherches sur le quartz plutôt que de rejoindre l’essentiel des marques suisses regroupées pour l’occasion autour du Centre Electronique Horloger (CEH). Un discours à mettre en regard du trend actuel des marques de haute horlogerie qui ne jurent que par des mouvements maisons, pour éviter de devoir se fournir en « moteurs » standards chez un producteur unique.
En faisant cavalier seul, Girard-Perregaux est non seulement parvenue à présenter sa première-montre bracelet à quartz Elcron à la foire de Bâle 1970 (quelques mois après le pionnier Seiko, mais en même temps que le mouvement Beta 21 du CEH). Mieux, elle a présenté un an plus tard une évolution de ce premier mouvement qui allait marquer à jamais l’histoire du quartz horloger. En effet, la deuxième génération de mouvement à quartz Girard-Perregaux avait une particularité : le quartz oscillait pour la première fois à 32'768 Hz, une fréquence devenue depuis lors le standard international.
La dernière-née des Laureato de Girard-Perregaux célèbre un double anniversaire : les 40 de la première montre Girard-Perregaux à quartz, mais également les 35 ans de la collection Laureato. Cette montre un brin provocatrice est pourvue d’un fond saphir (finesse d’ordinaire évitée pour le quartz) qui permet d’admirer des décorations dignes de la haute horlogerie mécanique. Joli pied de nez à l’histoire et à ses concurrents.
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