27 novembre 2009
Propos recueillis par Louis Nardin
Il ne fallait rien de moins que le Carrousel du Louvre, situé dans les soubassements du prestigieux musée, pour accueillir la troisième édition du salon Belles Montres. Du 27 au 29 novembre, 49 marques des plus célèbres, comme Rolex, au plus intimes et ne présentant par exemple qu’un premier modèle à l’instar de l’horloger indépendant Jean-Baptiste Viot, la manifestation a trouvé son public. C’est en tout cas l’avis de Laurent Picciotto, détaillant parisien anticonventionnel et connu, entre autres, pour ses analyses aiguisées de l’actualité horlogère.
Louis Nardin: Quelle est la particularité du salon Belles Montres par rapport à ses homologues, suisses en particulier?
Laurent Picciotto: Contrairement au Salon international de la haute horlogerie ou à Baselworld, on n’y expose pas de nouveautés dont la fabrication n'a parfois même pas débuté mais des produits déjà disponibles sur le marché. Les visiteurs voient ainsi des montres qu’ils peuvent directement acquérir. On sort d’une dimension purement virtuelle pour une réalité concrète. Les amateurs semblent d’ailleurs l’apprécier puisque j’ai aperçu des clients venus de Suisse, d’Angleterre ou d’Espagne.
Vous abordez donc le salon Belles Montres dans un état d’esprit différent?
Effectivement, pour les professionnels de la vente dont je suis, le climat de travail n’a rien à voir. La pression due à l’aspect purement commercial n’existe pas, ce qui rend notre présence beaucoup plus agréable. Les clients apprécient également cette ambiance apaisée puisqu’ils ont l’occasion de voir des pièces parfois non disponibles en boutiques. Ils en profitent pour étoffer leur réflexion et affiner leur vision de l’horlogerie.
Les exposants disposent tous du même décor de base, est-ce un bon choix?
Oui car en les mettant tous à la même enseigne, l’organisation a empêché toute surenchère avec, par exemple, des espaces plus impressionnants et tape-à-l’œil les uns que les autres. Cette uniformité recentre indéniablement l’attention sur les produits.

Laurent Picciotto, directeur de la boutique Chronopassion à Paris @ Chronopassion
Il y a quelques jours, Franco Cologni de la Fondation de la haute horlogerie déclarait que l’époque où les détaillants pouvaient représenter une trentaine de marques à la fois était révolue. Partagez-vous cet avis?
Non. Vendre trente marques est possible, comme certains sont déjà dépassés par une poignée seulement. L’enjeu réside dans la conviction qu’a le détaillant dans ses marques, dans sa philosophie personnelle et dans son engagement. Certaines d’entre elles se vendent d’elles-mêmes et n’imposent pas d’efforts particuliers. Dans mon cas, je dois maîtriser en profondeur mes produits comme il me faut entretenir une connaissance pointue des réalisations des autres marques. C’est un passage obligé pour débattre correctement d’un modèle avec un client.
Quels effets a eu la crise sur vos ventes?
Nous devrions réaliser le même volume d’affaires que l’année dernière qui s’est avérée exceptionnelle. En revanche, notre marge a varié. Nous avons aussi constaté un brassage dans la clientèle avec l’arrivée de nouveaux acheteurs et d’autres qui viennent moins souvent. Mais il faut mettre ces résultats en perspective avec la situation économique française. Comparée, par exemple, aux Etats-Unis qui traversent une période extrêmement dure, la France se maintient mieux.
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