
Gold'Or - Septembre 2009
M. Haguenauer
La marque Cvstos s’est, pendant ses débuts, d’abord fait connaître en dehors des frontières helvétiques. Depuis quelques mois, la jeune maison cherche à gagner ses galons dans le berceau de la haute horlogerie. Difficile en période de crise. Mais pas impossible.

Cvstos Challenge-R 50 Chrono HF © Cvstos
A l’heure où la crise n’en finit pas de faire trembler les marques horlogères, même les plus réputées, pas facile de se frayer une place sur un marché déjà bien encombré. C’est pourtant ce que Cvstos tente de faire depuis quelques mois en donnant un important coup d’accélérateur au développement du marché suisse.
Co-fondée en 2005 par le jeune (tout juste 25 ans !) Sassoun Sirmakes, qui occupe aujourd’hui le poste de directeur général de la marque, et le directeur artistique Antonio Terranova, la maison genevoise a tout d’abord privilégié les marchés extérieurs en s’assurant un réseau fiable d’agents à l’étranger. Etats-Unis, Italie, Allemagne, Hong Kong, Singapour, Japon et Proche Orient concentraient jusqu’au début 2009 l’essentiel des ventes réalisées par la marque.
Une volonté claire d’investir sur des marchés plus importants en termes de surface géographique et donc plus ouverts pour une jeune marque qui se lance.
Visibilité, notoriété, légitimité
Quatre ans après la naissance de la marque, plus question aujourd’hui de concevoir le territoire helvétique comme un marché à laisser en friche. S’il semblait peu évident à la jeune marque de survivre sur un marché aussi petit, l’heure est désormais à l’action. Pour ce faire, Cvstos a dans un premier temps recruté son responsable du marché suisse en début d’année. La mission de Tommy de Lang : créer un réseau de détaillants en Suisse pour « accroitre la visibilité de la marque et gagner en notoriété ». Une condition sine qua non, selon lui, pour « bénéficier d’une plus grande légitimité et, par conséquent, mieux développer les autres marchés ».
Tommy de Lang a été recruté en début d’année par Cvstos pour développer le marché suisse © Gold'Or
Neuf détaillants en Suisse, bientôt une boutique
Pas facile de se vendre en temps de crise. Tommy de Lang le reconnaît volontiers. « Nous sommes très peu connus dans notre propre pays si bien que les détaillants sont assez frileux, concède-t-il. Si vous ajoutez à ça la crise… » Jeune et dynamique, à l’image des garde-temps qu’il représente – Cvstos mise sur des garde-temps sportifs au design contemporain, imposant, voire agressif – Tommy de Lang a pourtant de l’énergie à revendre.
En cinq mois d’activité, il a réussi a placer les produits Cvstos dans neuf points de vente à Genève, Samnaun, Zurich, Gstaad, Davos, Lausanne et Crans Montana, à raison de 8 ou 9 pièces par détaillant. Une première concrétisation du développement de la marque en Suisse qu’il juge satisfaisante et qu’il attribue « à la qualité des montres Cvstos, à leur différence en termes de design », mais également à une notion de service accrue. « Nous insistons énormément sur la flexibilité et le service auprès du client, souligne-t-il. Comme la possibilité de personnaliser la montre avec un bracelet différent par exemple. » Et la démarche semble porter ses fruits. Non seulement auprès des détaillants, qui semblent moins réticents, mais aussi sur la clientèle.

Cvstos Evosquare 50 Chrono Black Steel © Cvstos
Sur les quatre nouveautés dévoilées cette année, l’Evosquare en or 5N ou en acier et la Challenge R-50 Chrono HF « sont déjà très demandées en Suisse », assure Tommy de Lang. Autre signe évident de la volonté de Cvstos d’accroître sa visibilité en Suisse, l’ouverture d’un vaste concept store en plein cœur du quartier historique des Cabinotiers à Genève.

La direction, le personnel administratif et l’atelier d’assemblage de Cvstos se sont regroupés cet été à Genève © Gold'Or
Jusqu’ici basés à Meyrin, la direction, le personnel administratif et les ateliers d’assemblage de la marque ont été regroupés cet été dans cet immense espace au style ultra contemporain. Peu avant Noël, si le planning des travaux est respecté, Cvstos prévoit d’ouvrir sa boutique, conçue également comme un nouveau lieu chic et branché de la capitale horlogère pour boire un verre dans la journée. On s’autoriserait presque à penser que la petite entreprise Cvstos ne connaît pas la crise.
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