24 juillet 2009
Hervé Genoud
«We choose to go to the Moon»: tout le monde se souvient du discours de Kennedy annonçant les ambitions spatiales américaines. Personne n’a oublié non plus ce 21 juillet 1969 02:56 GMT où les téléspectateurs du monde entier regardèrent Neil Armstrong fouler la poussière lunaire. Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité… et un joli saut en hauteur pour l’horlogerie! Car les astronautes avaient emporté dans leurs bagages, ou plutôt à leur poignet, une montre qui allait entrer elle aussi dans la légende: la Speedmaster d’Omega, choisie par la NASA pour tous les vols spatiaux habités au terme d’une batterie de tests impitoyables.

Pour fêter les 40 ans du premier alunissage de l’homme et de la Speedmaster, Omega propose deux éditions spéciales de sa «Moonwatch» © Omega
La «Moonwatch» retourna sur notre satellite à plusieurs reprises; elle joua même un rôle clé dans l’issue heureuse de la mission Apollo 13 en 1970. Depuis lors, elle s’est imposée comme l’un des modèles phares d’Omega. Pour fêter son premier alunissage, la marque a créé deux éditions spéciales, l’une en acier - 7969 pièces -, l’autre en platine - 69 pièces. Signe distinctif: la petite seconde s’orne d’une médaille reproduisant le logo de la mission Apollo 11 avec un aigle tenant un rameau d’olivier entre ses serres, à côté de l’inscription 02:56 GMT. Quant à la campagne d’annonces accompagnant ce lancement, elle donne la vedette à Kennedy himself.
La spectaculaire Moon Dust-DNA de Romain Jerome intègre dans son cadran de l’authentique poussière de lune © Romain Jerome
La marque Romain Jerome a choisi, elle aussi, de rendre hommage à cette «famous legend» en créant la spectaculaire Moon Dust-DNA; le cadran intègre de la poussière de lune, le boîtier et le bracelet comportent des éléments issus des vaisseaux spatiaux Apollo 11 et Soyouz ainsi que de la station spatiale ISS.
Les 40 ans d’El Primero
Sur terre, 1969 marqua un autre bond de géant pour l’horlogerie: l’apparition des premiers mouvements de chronographes à remontage automatique. Jusque là en effet, alors que la montre automatique s’était largement imposée, personne n’était encore parvenu à marier ce système à un chronographe. Mais tout le monde en rêvait. D’où une véritable course contre la montre. Le 10 janvier 1969, Zenith annonce par voie de presse la prochaine venue au monde du calibre El Primero.

Né en 1969, le fameux calibre automatique El Primero était aussi le premier mouvement de chronographe mécanique précis au 1/10 de seconde © Zenith
Equipé d’une roue à colonnes et d’un grand rotor central, ce mouvement de type intégré était aussi – grâce à sa fréquence de 36 000 alternances/heure – le premier mouvement de chronographe capable de mesurer les temps courts au 1/10 de seconde. Un record dont il ne s’est vu déposséder que récemment. Pour fêter les 40 ans de ce mouvement mythique, devenu son fer de lance, Zenith a vu les choses en grand. Outre un modèle «New Vintage 1969 – The Originals», inspiré du premier chronographe doté d’El Primero, la manufacture propose des éditions spéciales de ses quatre collections phares avec un cadran orné d’un écusson historique et traversé par un bandeau de couleur.

Les chronographes «New Vintage 1969 – The Originals» de Zenith, inspirés d’un modèle historique de cette grande époque, se déclinent en acier, or rose et titane © Zenith
A l’heure du Chrono-Matic
Deux mois plus tard, le 3 mars 1969, voyait le jour le Calibre 11 Chrono-Matic, présenté conjointement par Breitling, Heuer-Leonidas, Hamilton-Büren et Dubois Dépraz. Naissance en chair et en os, ou plutôt en rouages et en leviers, le quatuor ayant choisi de proposer d’emblée un mouvement fonctionnel, qui de plus équipait des collections immédiatement disponibles. Gérald Dubois, son concepteur, était parti d’un calibre extra-plat Büren à microrotor excentré, auquel fut ajouté un module de chronographe à came. Le Calibre 11 battant à 19’800 alternances par heure fut très vite remplacé par la version Calibre 12 (21’600 alternances-heure).

Le Calibre Chrono-Matic, né d’une collaboration entre Breitling, Heuer-Leonidas, Hamilton-Büren et Dubois Dépraz, ici dans sa version Calibre 12 © Breitling
Le Chrono-Matic équipa des modèles au look avant-gardiste – reconnaissables à leur couronne à gauche du boîtier. Chez Breitling, on le trouva notamment dans une version très seventies de la Navitimer – réinterprétée depuis 2004 dans le modèle baptisé Chrono-Matic. Chez Heuer-Leonidas, devenue entre-temps TAG Heuer, il «motorisa» entre autres la fameuse Monaco carrée, née la même année, et propulsée au rang de star après son apparition au poignet de Steve McQueen dans le film Le Mans - 1970.

Pour fêter les 40 ans de sa célèbre Monaco, TAG Heuer propose une réédition du modèle d’origine avec cadran bleu et couronne à gauche en série limitée © TAG Heuer
Pour fêter cette fringante quadragénaire, TAG Heuer a lancé en 2009 divers modèles, dont une édition limitée reprenant le design d’origine avec cadran bleu et couronne à gauche et la très futuriste «Monaco LS Chronograph Calibre 12» (avec seconde linéaire) – mise à l’honneur dans une vidéo opposant de manière virtuelle Steve McQueen à Lewis Hamilton. A noter pour les puristes que ces rééditions ou hommages aux modèles de 1969 ne sont pas équipés de mouvements de type Chrono-Matic, soit le calibre 12 originel, puisque celui-ci a vu sa production cesser définitivement dans les années 1970.

Lancée en 2009, la «Monaco LS Chronograph Calibre 12» s’orne d’une très originale seconde à affichage linéaire © TAG Heuer
Du côté du soleil levant
Un troisième mouvement de chronographe automatique fit son apparition en juin 1969, lancé par le japonais Seiko et baptisé Calibre 6139. Doté d’un rotor central, d’une roue à colonnes et d’une fréquence de 21’600 alternances-heure, cet opus ne connut pas la même célébrité et postérité que ses prédécesseurs. Il faut dire que 1969 marque une autre date restée dans toutes les mémoires: le lancement de la Seiko Quartz Astron, la première montre à quartz de série. Et cet anniversaire-là, pas sûr que les horlogers suisses veuillent le fêter avec tambours et trompettes.

La Seiko Quartz Astron sonne l'avènement du quartz en étant la première montre produite en série à utiliser cette technologie © Seiko
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