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Walking and talking automats

Dans beaucoup des pièces à automates décrites, nous voyons des personnages s'avancer pour frapper sur un timbre, sur une cloche, ou saluer en passant au pied de la Vierge, devant l'Empereur, etc... Aucun d'eux, à l'exception de quelques jouets, ne faisait réellement l'action de marcher, c'est-à-dire de mettre un pied devant l'autre par ses propres moyens. Il en est autrement de quelques androïdes; pourtant plusieurs d'entre eux ne donnent que l'illusion de la marche, car souvent le mouvement de leurs pieds n'est qu'un simulacre.

Voici deux mentions nouvelles se rapportant à des oeuvres sans doute assez perfectionnées:

Le père jésuite Gabriel de Magalhaens, né en 1609 (de la famille du grand navigateur), était arrivé en Chine en 1640. «Il offrit un jour au grand empereur Kang'hi, une statue mue par des ressorts intérieurs, qui marchait pendant un quart d'heure, tenant une épée nue dans la main droite et un bouclier au bras gauche.» Son auteur, dont on cite encore une curieuse horloge à musique, fut torturé en 1662 avec d'autres pères; il vécut cependant jusqu'en 1677.

Beaucoup plus tard, le P. Jean Mathieu de Ventavon, arrivé en Chine en 1766, mort à Pékin en 1787, construisit, à côté de plusieurs pendules, des «machines curieuses» pour l'empereur Kien-Long, entre autres «deux hommes portant un vase de fleurs en marchant... travail de pas moins de deux ans... dont l'empereur fut très satisfait».

Danseurs

Marquis et Marquise dansant de MR. Reymond, Genève

L'on a fait aussi maints androïdes dansants. C'est le cas d'une des poupées automatiques de la collection Bruck, munie d'un mécanisme qui lui permettait de se mouvoir circulairement. L'automate Loïe Fuller (du nom d'une célèbre danseuse) rentrerait plutôt dans les jouets, car elle a été produite à de nombreux exemplaires. S'aidant gracieusement du buste et des bras, elle pirouette sur la pointe de son pied posé sur une boule. Une autre ballerine, tenant sa robe de tulle des deux mains, exécute la danse serpentine.

J.-B. Rechsteiner répara chez Dietz, vers 1840, une jeune Turque qui, raconte le premier dans ses «Souvenirs», dansait avec le propriétaire du Musée d'automates ! Sans doute M. Dietz jouait-il le rôle principal dans cette peu banale production.

Les Automates d'Alfred Chapuis et Edmond Droz, Editions du Griffon
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